‹ Saint JéromeChapitre 165 sur 387 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

y remarquer autre chose que des signes de destruction ^ Au reste, c'était l'accompagnement douloureux d'un voyage en Judëe ; on n'y marchait qu'à travers des débris : débris des guerres juives contre la Syrie et l'Egypte, débris des guerres romaines contre les Juifs, ravages non effacés des rigueurs de Titus, ravages vivants de celles d'Adrien. Aucune terre n'avait été plus remuée par le fer, ni plus trempée de sang. La nature ellemême semblait avoir pris sur ce sol aride un aspect de tristesse que Jérôme signale, et que les pèlerins trouvaient en harmonie avec l'idée qu'ils apportaient d'une terre maudite. Mais il jaillissait de ce sol tant de grands souvenirs, sacrés pour toute âme chrétienne, qu'ils communiquaient une vie et une beauté sans pareilles aux ruines des hommes et à la nature inanimée.

Après avoir visité la maison du centurion Corneille, •changée en église-, et les chambres des trois filles de Philippe, (( prophétesses pour prix de leur virginité ^ » Paula et sa caravane quittèrent Césarée. Ils cheminaient maintenant en pleine terre promise : c'était les deux Testaments à la main qu'il leur fallait voyager, mais ils connaissaient si bien l'un et l'autre que toute réminiscence d'un fait biblique leur était aussitôt présente. Les champs de Mageddo leur rappelèrent d'abord le trépas de Josias, ce dernier bon roi de la race de David ^. Ils se le figurèrent au milieu de cette plaine, sur son char de combat, essayant d'arrêter le roi d'Egypte

1. Antipatrida semirutum oppidulum, quod de patris nomine Herodes vocaverat. Hieron., Ep. 88.

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