LIVRE V
même fut retrouvée : l'impératrice Hélène s'était chargée de la recherche; et guidée soit par l'évêque de Jérusalem, soit par de savants Juifs, familiers avec les antiquités de leur patrie S elle découvrit la citerne où les trois croix gisaient pêle-même. Après avoir ainsi restauré les' saints lieux, Constantin éleva une immense basilique qui les renferma tous dans Tenceinte d'une même muraille-. Cette basilique devint* le centre d'un quartier chrétien qui envahit peu à peu les quartiers environnants, et le signe du Dieu crucifié par les Juifs brilla sur cette troisième Jérusalem, d'où le mont Sion et le temple étaient exclus.
Au moment où Jérôme et Paula la visitèrent, la Jérusalem chrétienne avait atteint son plus haut degré de prospérité et de développement. La libéralité des princes successeurs de Constantin, le concours des pèlerins venus de toutes les parties de la terre, l'affluence des dons envoyés, même des contrées non romaines (car c'était la ville de la chrétienté), y avaient créé une richesse énorme ^ mais la licence y marchait de pair avec la richesse. La présence de ce peuple d'étrangers sans cesse renaissant entretenait dans Jilia-Capitolina, moitié chrétienne, moitié païenne, une agitation inexprimable. Au sein de cette société mêlée de toutes les classes, de tous les rangs, de toutes les nations, où le barbare coudoyait le Romain, le plébéien le consulaire; où l'homme libre était confondu avec l'esclave, la courtisane avec la matrone, le prêtre orthodoxe avec l'héré-
1. Ambros., Div., p. 123, éd. Paris, 1GU3. — Rufin., Hist eccles., x,7. — Paulin,, Ep. 11.
2. Eiiseb., De vit. Constant., ui, 25, 29, 30, 31 et seqq. — Ittin* Hierosol.