‹ Saint JéromeChapitre 172 sur 387 · Hieron., Eji · texte numérisé non relu

Hieron., Eji

tique, il n'y avait ni ordre, ni règle, et sous un semblant de liberté évangélique, chacun pouvait impunément braver la loi civile ^ On eût cru que la Ville Sainte s'était faite le repaire des voleurs, des meurtriers, des prostituées de tout l'Orient. Les contemporains sont d'accord pour nous en tracer le plus lamentable tableau, et voici en quels termes s'exprimait un grand évêque qui y séjourna quelque temps, Grégoire de Nysse : « Bien loin de trouver purgée des mauvaises épines cette terre qui a reçu l'empreinte de la vraie vie, écrivait-il, je la trouve infectée de toutes les impuretés imaginables. Là régnent la malice, l'adultère, le larcin, l'idolâtrie, les empoisonnements, l'envie et surtout le meurtre. Les hommes s'y entr'égorgent comme des bêtes féroces pour un peu d'argent, et grâce au relâchement de tous les hens sociaux, l'homicide s'y commet plus facilement qu'en aucun lieu du monde-. »

Ce que Grégoire disait de la morale pouvait s'appliquer à la foi, qui n'était pas moins corrompue que les mœurs. L'arianisme avait implanté ses poisons dans la la Cité Sainte : la persécution, l'exil, la révolte contre les autorités légitimement constituées ; le schisme y faisait la loi. Un de ces grands évoques , Cyrille , que l'Église romaine dénonçait injustement comme un évêque intrus et tyrannique, avait passé sa vie à ba-

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