‹ Saint JéromeChapitre 176 sur 387 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Croix; c'est là aussi qu'on la gardait. Le bois en était bien diminué, depuis le jour où cette mère croyante et aimante ordonnait qu'on en renfermât la moitié dans la statue de son fils, au liant d'une colonne de porphyre dominant Constantinople, afin qu'elle fût un palladium pour la ville et pour l'empereur^; depuis le jour aussi où elle faisait jeter un des clous de la Croix dans l'Adriatique 2, pour en calmer à jamais les tempêtes. L'imprudente libéralité des évoques de Jérusalem n'avait même pas conservé intacte l'autre moitié laissée à leur garde. D'ailleurs une croyance superstitieuse répandue dans la chrétienté affirmait que les parcelles enlevées du saint bois se reformaient d'elles-mêmes par miracle perpétuel ^ Ce qui restait était renfermé dans un étui d'argent dont l'évêque seul eut d'abord la clef, et qui fut placé plus tard sous la garde d'un prêtre de haut rang responsable du trésor sacré. Une fois par an , à des époques qui varièrent, Fétui était porté avec pompe dans l'église supérieure, et le bois offert à l'adoration des fidèles : c'est ce qu'on appelait la fête de VExaltation; mais il arrivait aussi qu'en dehors des jours officiellement consacrés, la faveur de voir et d'adorer le monument du salut des hommes était accordée exceptionnellement à des personnages de distinction : on pense bien que Jérôme, Paula et leurs amis fiu^ent du nombre des privilégiés.

Dans l'éghse de la Croix, Paula, prosternée en face du bois sauveur, éprouva un de ces ravissements exta-

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