‹ Saint JéromeChapitre 178 sur 387 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Lorsqu'ils eurent tout VU dans Jérusalem, les voyageurs en sortirent pour gravir au midi la colline de Sion, et passer des douleurs de la nouvelle alliance aux splendeurs de l'ancienne; mais quelles splendeurs présentait alors cette Sion tant célébrée par le roi-prophète! Son enceinte de murailles n'existait plus, et on n'y pénétrait qu'à grand'peine, à travers les buissons et les ruines. Arrivés à la porte principale, dont quelques pans étaient encore debout, surmontant des monceaux de cendres et de pierres, nos voyageurs s'arrêtèrent stupéfaits et consternés. Ils semblaient se demander si c'étaient bien là ces portes de Sion « que le Seigneur chérissait par-dessus tous les tabernacles de Jacob ^ et contre lesquelles l'enfer ne devait point prévaloir; » mais ce moment de doute et d'anxiété ne dura pas. L'un des pèlerins, Jérôme vraisemblablement, répondant à leurs secrètes pensées, se hâta d'expliquer « qu'ils n'avaient sous les yeux que la Sion terrestre , passagère et périssable comme les hommes qui l'avaient faite, ttindis que l'Écriture parlait de la Sion spirituelle, œuvre de Dieu, inaltérable comme son auteur-. » Sur la plate-forme, ils n'aperçurent que la désolation du déserta Plus de palais, plus de forteresse de David; le palais d'Hérode môme avait disparu ; la charrue avait passé sur leurs fondements. A leur place s'étendaient des terres en friche et quelques jardins, dont les clôtures étaient formées des débris de ces demeures royales. C'était la prophétie d'Isaïe réalisée : « La citrouille fleurira où naguère resplendissait le luxe des

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