LIVRE PREMIER
les nomsde sœurs agapèles, on c\e femmes sous-introduites, et cette plaie hideuse, commune aux Églises d'Orient et d'Occident, restait vivace malgré les anathèmes des conciles et les prohibitions des lois séculières*. Les dignitaires ecclésiastiques abusaient de leur entrée dans les nobles maisons pour y séduire les femmes, et l'accusation d'adultère est une de celles qui sont portées le plus fréquemment contre des prêtres ou des évoques, soit devant les conciles, soit devant le public. Les veuves attachées aux églises ne cherchaient trop souvent dans cette position semi-cléricale qu'un manteau pour couvrir leurs galanteries : elles affichaient une hardiesse virile, se faisaient couper les cheveux à la manière des hommes, et portaient des vêtements qui faisaient douter de leur sexe, tandis que de jeunes diacres parfumés, frisés comme des histrions, des anneaux étincelants aux doigts, allaient de palais en palais étaler leurs grâces efféminées, et n'en sortaient que les mains pleines d'or-.
L'avidité de tous ces hommes pour l'argent était proverbiale, ainsi que les richesses accumulées par le clergé. Les captations exercées sur les femmes et sur les vieillards allèrent si loin que deux lois successives rendues par l'empereur catholique Vaïentinien I" déclarèrent radicalement nuls toute donation entre vifs ou tout legs testamentaire faits à des ecclésiastiques \ « Les cochers du cirque, les comédiens, les prostituées, dit à ce sujet saint Jérôme, peuvent recevoir des legs; un prêtre païen
1. Voir, au sujet des Sœurs agapètes, le volume des Bécits de l'Histoire romaine au v siècle intitulé Saint Jean Chrysostome et Vlmpératrice Eudoxie, liv. I.