iLin. HkrosoL — Hicrjiu, E'g. h
percé de coups par des brigands, laissé sur la route par un prêtre et sauvé par un Samaritain. Quoique ce passage mal famé fût alors sous la garde d'un poste militaire romain, on ne cessait point de le regarder comme un repaire de meurtriers et de voleurs ^ Nos voyageurs le franchirent sans accident, tout en devisant longuement sur la dureté du lévite, opposée à la sainte charité de l'infidèle -. Le sycomore de Zachée n'obtint d'eux qu'un coup d'œil; puis ils firent leur entrée dans Jéricho. Quel spectacle attristant y frappa leurs regards! Trois villes s'étaient succédé dans ce même lieu et y avaient superposé leurs ruines : une ville chananéenne détruite par Josué, une ville juive élevée avec les restes de la première et détruite par les Romains, une ville romaine détruite, elle aussi, par la guerre civile ^
Rien ne survivait de tout cela que de rares maisons éparses, et à peine un village. On n'apercevait même plus dans la campagne l'arbre qui avait fait donner à Jéricho le surnom de Ville des Palmiers''; la nature avait été dans ses destructions aussi implacable que les hommes. Trois curiosités appelaient aux environs la visite des pèlerins : la maison de la courtisane, qui reçut chez elle les espions de Josué et fut seule sauvée du massacre des Chananéens; la fontaine amère qu'Elisée changea en source fécondante et douce en y jetant du sel : on montrait même un pot de terre qui avait, disait -on, appartenu au prophète; enfin les douze pierres enlevées du lit du Jourdain, par les douze tribus,