Hicron., Jtp. 80. — Itin. Uierosol
Jacob \ La route, en un court espace de temps, conduisait du puits à l'antique ville de Sichem, ai^pelée sous la domination romaine Flavia Neapolis, en l'honneur de l'empereur Vespasien. Située dans une étroite vallée enlre le mont Hébal et le mont Garizim, Sichem était devenue, lors de la séparation des dix tribus, la Jérusalem du schisme. Le temple bâti par les rois d'Israël sur la seconde de ces montagnes restait encore, pour ce qu'il y avait de Samaritains au iv« siècle, aussi sacré que le temple de Salomon pour les Juifs fidèles. La même destinée avait frappé d'ailleurs les deux temples rivaux : celui de Garizim n'était plus aussi qu'une ruine où Ton montait par trois cents degrés taillés dans le roc-. Il n'eut point la visite de Jérôme et de ses amis, qui se contentèrent de l'observer de loin, soit scrupule religieux, soit désir d'arriver plus vite à Samarie.
Un spectacle curieux et tout nouveau les attendait dans cette capitale des rois d'Israël, dédiée à l'empereur Auguste sous le nom de Sébaste, et ornée des plus splendides monuments par les rois de la race d'Hérode. Ces magnificences étaient encore debout, au moins en partie; mais ce n'était pas ce qui piquait la curiosité ou excitait l'admiration du pèlerin chrétien. Samarie était, à proprement parler, la ville de saint Jean-Baptiste, dont elle possédait le tombeau. Par un bizarre retour des choses de ce monde, l'homme qu'Hérode Antipas avait tué, comme un censeur incommode de ses cruautés et de ses débauches, régnait maintenant, comme un dieu plutôt que comme un roi, dans sa ville de prédilection, et éternisait le souvenir de ses crimes.