Hieron., Ep. 86. — Itin. Hierosol
2. De vàlleAchor, id est, tumultus atque tubarum. Hieron., Ep.
dans les domaines de Benjamin et d'Éphraïm. Ils virent à Bethel le lieu où Jacob, pauvre et nu, couché sur la terre nue, n'ayant qu'une pierre pour soutenir sa tête, avait aperçu en songe réchelle symbolique dont Dieu tenait l'extrémité, aidant les zélés à monter, et précipitant en bas les indifférents : ce fut du moins ainsi que Jérôme expliqua le rêve du patriarche. Beth-el, la Maison de Dieu, profanée par le culte du veau d'or sous le roi Jéroboam, et devenue, comme disaient les prophètes, Beih-avcn, la Maison du Crime, n'était plus, au iv^ siècle, qu'une bourgade sans importance, oubliée même des itinéraires ^
A leur passage par la montagne d'Éphraïm, les voyageurs saluèrent de loin le tombeau de Josué et celui d'Éléazar, fils d'Aaron. Éphraïm, Benjamin, Bethel, Bama, qu'ils traversèrent, Gabaa, qu'ils avaient déjà visitée en venant de Joppé, tous ces lieux rappelaient la sombre tragédie du lévite et son sanglant dénoûment. A chaque pas, se dressait devant eux quelque souvenir de cet horrible drame. Ici, la femme violée par les Gabaonites était morte sous les outrages; là, le lévite avait placé le cadavre sur un àne, pour l'emporter à sa maison ; plus loin, il l'avait dépecé en douze morceaux, envoyés aux douze tribus d'Israël, comme un appel à la vengeance. La vengeance ne s'était pas fait attendre, disait Paula, la tribu de Benjamin avait subi la juste extermination due à son crime. « Non, non, interrompait Jérôme, elle ne fut pas exterminée ; Dieu ne le voulut pas, parce que, de Benjamin rentré en grâce et régénéré, devait sortir Paul, le grand apôtre des nations-. » Il exposait
i. Hieron., Ep. 80.
2. la Gabaa urbc, usquc ad solum diruta, paululum substiiit, rccor-
LIVPiE Vf. l^'io
alors comment six cents hommes, écliappés au massacre, se réfugièrent dans le désert de Remmon, et comment, rappelés dans leur patrie, ils dm-ent employer la violence et le rapt pour avoir des femmes des autres tribus, aucune fille ou femme benjamite n'ayant survécu au désastre. On montrait en effet à Silo les ruines d'un autel près duquel deux cents jeunes filles, attirées par une lete nationale, avaient été enlevées, au milieu des danses, par deux cents Benjamites, et arrachées à leurs familles. La ressemblance de cette histoire avec celle des Sabines fut de la part des voyageurs un objet de savantes remarques; peut-être même quelque aiguillon d'orgueil mondain entra-t-il au cœur des pieuses patriciennes, dont la lignée allait se perdre dans les obscurités du berceau de Rome.
Ce grave sujet les occupait probablement encore lorsqu'ils arrivèrent au puits de Jacob, puits fameux où Jésus, assis sur la margelle, fatigué et altéré, échangea avec la Samaritaine, pour un peu de l'eau qu'elle avait puisée, (( la source de vie qui désaltère à jamais K » Autour et au-dessus de ce puits, creusé dans le roc à une grande profondeur, avait été construite une église en forme de croix, où les voyageurs entrèrent - : l'oriflce du puits, bien gardé d'ailleurs, était béant près de la clôture du chœur, et on n'en approchait qu'avec un saint frémissement. Au dehors se trouvait une piscine alimentée par la même source, et à quelques pas plus loin des platanes que la tradition faisait remonter jusqu'à
data peccati ejus, et concubinos in friista divisae, et tribus Benjamin trecentos viros, proptcr Paulum apostolum reservatos. Hicron., Ep. 80.