Pallad., Lausiac, c
2. Ipsum deincops attrahunt ad opéra, aut in liorto aut in pistrino, aut in coquina... dant ci librum ad legondum, non permittentes ei ut cum uUo colloquatur usqiie ad horam sextam. Pallad., ibid.
2i!S SAINT. JÉRÔME.
leur disait-on, mettent leur bonheur dans leur séquestration même. Quand les affaires de la communauté exigent qu'on dépêche quelque frère aux proTisions ou en mission, c'est à qui s'excusera; et celui qui accepte ne le fait que par obéissance. » Ainsi renseignés sur la Ville des Saints, nos voyageurs prirent congé de l'évêque, et se rendirent aux Cellules, quartier des anachorètes.
C'est là surtout que se déployait la poésie du désert sous l'originalité des inspirations personnelles-, là que s'inventaient les moyens les plus ingénieux de torturer le corps pour améliorer l'àme ; là que s'accumulaient les souffrances savantes comme autant de degrés pour escalader le ciel. Chaque cellule avait sa physionomie, chaque ermite son caractère particulier d'austérité. L'un vivait sur la pointe d'un roc, l'autre dans les entrailles de la terre ; celui-ci s'exposait presque sans abri au soleil torride de l'Egypte; celui-là n'apercevait jamais le jour. Leur manière de vivre, leurs costumes offraient aussi les bizarreries les plus étranges et les plus variées; mais sous une enveloppe sauvage, plus rapprochée souvent de l'animal que de l'homme, se cachaient des âmes simples et charitables, de nobles cœurs, parfois même de grands esprits. Jérôme et Paula se portèrent vers les cellules des plus célèbres, Sérapion, Arsénius, Macaire, etc., héros de ces solitudes, exilés volontaires après lesquels courait le monde ^
Sérapion habitait une caverne située au fond d'un trou, où l'on descendait par un sentier abrupt à travers un fourré de broussailles. La caverne suffisait à peine pour contenir un lit de feuilles sèches, et une planche en forme de table encastrée dans une entaille du roc.