LIVRE Vf
parfait, dont n'approchaient pas les monastères de Syrie. Ayant remarqué, près de l'église, trois palmiers, aux brandies desquels étaient suspendus trois fouets, les visiteurs en demandèrent la raison, et il leur fut répondu que chacun de ces palmiers, suivant la règle de Macaire, était destiné à servir de pilori pour la fustigation de certains coupables. Le premier était réservé aux moines convaincus d'infraction à la discipline; le second aux voleurs, s'il s'en trouvait dans la contrée ; le troisième aux criminels fugitifs ou aux étrangers qui tentaient d'échapper à la justice civile en se couvrant de la sainteté du lieu. On leur faisait embrasser le palmier, et on leur administrait un nombre de coups de fouet proportionné à leurs démérites ^
En parcourant le plateau de la montagne, ils aperçurent sept moulins employés à moudre le grain des couvents, et une maison où semblait régner une assez grande agitation. On leur apprit que c'était l'hospice ou hôtellerie des étrangers que la communauté hébergeait. La règle était qu'ils y demeurassent tant qu'il leur plairait, plusieurs semaines, plusieurs mois, et môme deux ou trois années; mais, à l'expiration de la première semaine, on leur distribuait des tâches pour les besoins des monastères. Celui-ci était envoyé à la boulangerie, celui-là au jardin, cet autre à la cuisine. Les personnes instruites recevaient un livre avec invitation de ne point parler avant midi-. La règle intérieure des monastères, qu'ils ne pouvaient voir fonctionner, leur fut également expliquée. « Ces hommes si étroitement emprisonnés,