Euseb., VI
3. Vincula... corporis cruciatus, et in intimo carceris recessu, ferrei torquis serumnas pertulit, adeo ut multorum dierum spatio pedes in nervo, ad quatuor usque foraminum interstitia, distenti fuerint. Euseb., VI, 39.
çait aussi du gril. Il ne mourut pourtant pas cette fois; mais, dix-liuit mois ou deux ans après, il achevait à Tyr cette vie doublement militante, à l'âge de soixante-neuf ans. Les historiens nous peignent Origène comme petit et faible de corps : il fallut la force indomptable de son âme pour qu'une si frêle enveloppe pût résister à tant d'assauts livrés par la misère et par les hommes. Son corps fut enterré, dit-on, dans la muraille de l'église du Saint- Sépulcre , qui était la cathédrale de la ville de Tyr^
Les erreurs doctrinales d'Origène tinrent presque toutes à la nouvelle face qu'il prétendait donner à l'exégèse des livres juifs et chrétiens, par Tapplication de la philosophie grecque. Cette tendance avait existé avant lui dans l'école d'Alexandrie, mais avec plus de réserve et de mesure. Aussi savant que les plus renommés philosophes de son siècle, et réputé par eux leur égal; familier avec leurs idées comme avec leurs méthodes, il voulait absorber la philosophie païenne au sein et au profit du christianisme, en la subordonnant aux données historiques de l'Ancien et du Nouveau Testament. Et, en effet, les polythéistes érudits suivaient son enseignement avec autant de curiosité et presque autant de goût que les chrétiens eux-mêmes; il arriva même à convertir plusieurs d'entre eux-.
Mais Origène ne sentait pas assez qu'il entraînait la religion du Christ hors de sa voie véritable, la simplicité et la foi. Les païens eux-mêmes signalèrent ce vice de la nouvelle doctrine. « Ce fut l'écueil d'Origène, écrivait Por-