Pallad., Lausiac, c
possession de Paifin^ Quelquefois une main inconnue glissait dans la chambre des hôtes tantôt un livre dirigé contre Jérôme, tantôt un ouvrage hérétique, pour faire croire qu'on professait aux couvents de la Crèche des doctrines contraires à l'Église. Telles étaient les embûches au milieu desquelles il leur fallait vivre.
Celte sorte de crise passée, les solitaires reprirent leur train de vie habituel, cumulant la direction de leurs maisons avec les devoirs de l'hospitalité vis-à-vis des étrangers et l'étude des saintes Écritures. Les dernières persécutions avaient eu pour effet de briser complètement chez Paula les attaches qui pouvaient la retenir encore au monde. Ses austérités dépassaient la mesure de ses forces. Jérôme la grondait de coucher sur la terre nue, sans autre matelas qu'un cilice, et d'user ses yeux à force de veilles, où le matin la surprenait priant. En la voyant pâle et défaite, il lui disait : « Gardez vos yeux, vous en avez besoin pour lire les Écritures. — Ah! répondait-elle, ces yeux ont trop recherché le monde, je les ai peints trop souvent; j'ai trop souvent fardé mon visage et amolli mon corps dans les délices, pour que le moment ne soit pas venu de les punir. J'ai trop voulu plaire ici-bas; puissé-je enfin plaire à Dieu-! » Excessive en tout, elle semait autour d'elle l'argent sans compter, malgré la diminution graduelle de ses revenus et la charge croissante des monastères. Jérôme cherchait à la modérer dans ses aumônes inconsidérées, mais quoiqu'elle lui portât, avec une
1. Ista est epistola quam de cubiculo fratris Euscbii, numniis aureis produxisti. Hieron., in liuf.. m. — Id., Ej). 33.
2. « Turpanda est faciès, quam contra Dei prœceptum, purpurisso et cerussa vel stibio sœpe depinxi... Qua3 viro et steculo placui, nuiic Christo placere desidero. » Hieron., Ep. 8G.