‹ Saint JéromeChapitre 308 sur 387 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

une trop lourde charge pour elle seule, si débile de corps. Ne s'effrayerait-elle pas d'une responsabilité terrible à tous les yeux? Sa lamille enfin, ses amis de Rome, ne réussiraient-ils pas à l'y ramener? L'idée d'une dernière séparation à son âge , et sous le poids de tant d'infirmités, lui semblait plus cruelle que la mort.

Les pensées qui tourmentaient Jérôme agitaient aussi l'esprit calme et réfléchi d'Eustochium dans la solitude de son deuil. Elle prit enfin un parti, comme elle savait les prendre, et se remit tranquillement à ses travaux. Jérôme un jour la vit entrer chez lui, tenant à la main le livre de Ruth, qu'elle le pria de lui expliquer. Elle semblait lui dire, comme autrefois, dans ces mômes campagnes de Rethléem, la douce Moabite à Noémi : (( Où vous irez, j'irai; où vous demeurerez, j'y veux demeurer avec vous. Votre peuple sera mon peuple, et votre Dieu sera mon Dieu M »

1. Quocuniqnc perrexoris. pergam; et ubi morata fuciis, et ego pariter morabor. Populus tuus, populus meus, et Deus tuus, Deus meus. Ruth, I, 16.

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