‹ Saint JéromeChapitre 38 sur 387 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Valentinien, peut-être pour l'attacher aux offices de ce prince, ou l'enrôler dans la milice coliortale du prétoire ; mais les travaux administratifs étaient peu du goût de Jérôme, qui employa le temps de son exil à copier des livres de controverse religieuse. Il saisit enfin une occasion de revenir à Rome pour y recevoir le baptême et regagner ensuite Aquilée, sa métropole d'originel

Pendant ce second séjour, suivant toute apparence, Jérôme se trouva mêlé à une aventure qui fit grand bruit. Il y avait alors dans la capitale de Fempire d'Occident une jeune femme chrétienne, de sang espagnol, dont la famille, émigrée à Rome depuis quelques générations, avec une prodigieuse fortune, était entrée dans le patriciat par de hautes alliances et avait même donné un consul à l'année 3U. Cette jeune femme se nommait Mélania, ou, sous une forme affectueuse et familière, Mélanis, Mélanium, suivant un usage grec introduit dans la langue latine. Tout était passion chez cette fille de ribérie, et sa dévotion avait un caractère non moins impérieux, non moins exclusif que son amour ou sa haine. Mariée de bonne heure à un homme d'un grand nom resté inconnu, elle en avait eu trois enfants ; mais elle atteignait à peine sa vingt-troisième année quand elle le perdit subitement, et son deuil n'était pas achevé, que les deux aînés de ses enfants, frappés à leur tour, allaient l'un après l'autre rejoindre leur père dans la tombe-. Ces coupsterribles ne l'écrasèrent point. Onnela vit pas tomber, comme toutes les mères, dans une douleur furieuse et désespérée, nous dit un de ses biographes : elle ne pleura point, elle ne s'arracha point les cheveux ;

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