‹ Saint JéromeChapitre 41 sur 387 · Hieron., l. c. — Id., Chron. — Cf. Ruf., ApoL, ii · texte numérisé non relu

Hieron., l. c. — Id., Chron. — Cf. Ruf., ApoL, ii

II régnait alors parmi la jeunesse de ces pays, plus illyriens qu'italiens, une ardeur extraordinaire pour l'étude, surtout dans les rangs chrétiens. Jérôme y trouva donc, à son arrivée, une cohorte d'enthousiastes de son âge, la plupart ses compagnons d'enfance, nourris comme lui de la vie des Pères du désert, et ne parlant que des ravissements de l'état monastique, de sa perfection idéale, de la nécessité du renoncement et des mérites de la pauvreté pour mettre une digue à la dissolution des mœurs. L'éloquence de Jérôme apporta un nouveau stimulant à ces aspirations qui répondaient si bien aux siennes. A force de s'exalter, les jeunes disciples d'Antoine voulurent passer de l'idée à l'action, de la théorie à la pratique, et goûter sans plus de retard cette existence des âmes privilégiées. Chacun se choisit une solitude à sa guise ; les plus sages adoptèrent la vie cénohitique et s'organisèrent de petits couvents dont la durée ne fat pas bien longue ; d'autres se jetèrent dans les saintes aventures de la vie d'anachorète ; celui-ci se chercha quelque campagne bien inculte, bien isolée, pour y mourir au monde; celui-là, une gorge inconnue des montagnes Euganéennes ou des Alpes; de plus hardis, quelque îlot abandonné de l'Adriatique. Jérôme alla s'enfouir dans sa sauvage patrie de Stridon, où il essaya de divers états successifs sans pouvoir jamais fixer rinquiétade dévorante de son jime.

Je ferai ici pour les jeunes moines aquiléens ce que j'ai fait plus haut pour les nonnes patriciennes de l'Aventin : je tracerai le portrait des principaux, afin de montrer dans quels éléments, parmi les hommes comme parmi les femmes, se recrutait l'esprit de réforme chrétienne à son berceau.

Le premier d'entre eux, Jérôme excepté, était incontestablement Rufin, qui fut plus tard prêtre d'Aquilée et

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