‹ Saint JéromeChapitre 43 sur 387 · Hieron., in Ruf., I, III · texte numérisé non relu

Hieron., in Ruf., I, III

doute le grand homme qui fit pendant cinquante ans l'orgueil de la chrétienté occidentale versa un peu de sa lumière sur les amis fidèles qui suivirent sa trace, mais sa haine donnait l'immortalité.

Bonosus venait le second dans la liste des affections de Jérôme. Fils d'un riche Aquiléen, il s'était fait pour son ami, qui ne songeait guère aux soins terrestres, le plus dévoué et le plus attentif des frères ; après l'avoir suivi à Rome et à Trêves, où leur hourse avait été commune, il était allé le rejoindre à Aquilée. C'était un homme bon et sincère, peu capable de grandes choses par lui-même, mais facile à exalter par Tenthousiasme des autres, et sérieux dès qu'il avait pris un parti. Dans la division des tâches monacales, il s'attribua, comme toujours, la plus rude. Tandis que Rufm se confinait prudemment dans un monastère, qu'il quitta l'année suivante, Bonosus affrontait la vie érémitique sur une île de la côte dalmate qui ne renfermait pas même de pêcheurs * ; il y vivait de quelques provisions apportées du continent, de coquillages jetés par le flot sur la rive et surtout du produit de sa pêche, « en vrai fils du poisson, » comme disait Jérôme-. On sait que ces mots étaient employés par les chrétiens des premiers siècles de l'Église à l'époque des persécutions, pour se désigner entre eux, et que le Christ lui-même était représenté sous le symbole du poisson, dont le nom grec réunissait les initiales de cette phrase sacramentelle : « Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur ^ »

2. Bonosus quasi filius ly%o:, id e^tpîscis, aquosa petit. Hieron., Ep. 7.

3. Le mot grec 'IXOÏi;, en effet, présente dans l'arrangement de ses lettres les initiales de la phrase suivante : 'Iyjctoùç Xpiazoc, Qtoû Tioç IwTTip : Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur. Au temps des persécutions,

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