LIVRE II
tère de l'élection. Paulin, élu par les seuls catholiques, n'avait donc rien entrepris contre personne, et avec juste raison ne reconnaissait d'autre évêque catholique que lui-môme ^ )) Des faits nomhreux, ratifiés par rÉglise, démentaient ce raisonnement; toutefois ceux des catholiques d'Antioche qui prétendaient à la pureté s'y raUièrent, et Paulin conserva un petit troupeau consubstantialiste à côté de Mélétius. L'Église de Paulin se cantonna dans la ville, celle de Mélétius s'étendit de la ville à toute la campagne et aux évêchés de la province qui ne voulurent communiquer qu'avec lui-. Privé de l'appui des évoques syriens, Paulin se mit sous la protection de l'Église de Rome, de qui il tenait ses pouvoirs par les mains d'un légat, de sorte que les catholiques d'Antioche eurent deux évêques, l'un reconnu par l'Occident et repoussé par l'Orient, l'autre légitime en Orient et schisinatique en Occident^ Cependant plus d'un évêque occidental, alarmé d'un tel état de choses, hésitait à suivre l'Église de Rome dans le défilé périlleux où elle s'engageait de plus en plus; on le savait à Antioche, et c'était afin de donner des explications et de lever ces scrupules inquiétants qu'Évagre avait fait le voyage d'Italie.
Prêtre de l'Église séparée et ami intime de Paulin, Évagre eut l'habileté, dans ses conversations avec les évêques italiens, d'exposer les choses sous la couleur la plus favorable et sut les faire accepter de tout le monde.
i. Socr., Hlst. Ecoles., m, 9 et passim.