Liban., Ep, ap. Basil., Ep
philosophie de ceux qu'on appelle moines ^ . Elle méprise comme superflues les connaissances acquises aux écoles et les arguties de la dialectique. Pour elle, la meilleure étude est celle de bien vivre. Elle enseigne donc par une science simple et naturelle ce qui peut combattre et déraciner le mal moral, ne trouvant pas qu'il y ait un milieu possible entre le vice et la vertu... Par la contemplation continue de l'éternel auteur des choses, elle fortifie l'âme à la source de l'essence divine. Supérieure aux événements du dehors, elle domine pour ainsi dire le monde extérieur ; l'injure ne l'atteint pas, et elle se glorifie de la soufl'rance. Patience, mansuétude, frugalité, voilà les degrés par lesquels elle élève Thomme vers Dieu, autant qu'il est permis d'en approcher. Les deux princes de cette suprême philosophie, si l'on en croit la tradition, ont été les prophètes Élie et Jean-Baptiste ^; mais le pythagoricien Philon nous rapporte que de son temps une foule d'Hébreux de distinction se livraient à la pratique de cette sorte de sagesse dans un certain lieu situé au-dessus du lac Maréotide^ Leurs demeures, leur nourriture, leur discipline, telles qu'il nous les dépeint, ressemblent à celles des moines d'Egypte aujourd'hui. Il y avait aussi des femmes qui s'abstenaient du mariage
l.Res enim omnium utilissima aDeo ad homines transmissa hujusmodi (monasticae vite) philosophia. Sozom., i, 12.
2. Hujus excellentis philosopliise princeps fuit, ut quidam memorant, Helias propheta et Baptistii Johannes. Sozom., i, 12.
3. Verum pythagoricus Philo, sua œtate Hebraeorum prœstantissimos undique collectes in locum quemdam supra Mai-eotcm lacum in colle situm philosophatos esse scribit. Sozom., i, 12. — Taies Philo, Platonici sermonis imitator ; talcs Josephus, Graîcus Livius... Essenos fuisse refei't. Hieron., Ep. 18.