‹ Saint JéromeChapitre 63 sur 387 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

nemi intérieur apaisé, les assauts lui vinrent du dehors : voici à quelle occasion. Depuis trois ans qu'il demeurait au désert, les affaires ecclésiastiques d'Antioclie avaient subi bien des péripéties, les unes bonnes, les autres mauvaises : un instant même on avait pu croire à une pacification dont l'illusion ne dura guère. Mélétius, sentant ses infirmités s'accroître et sa fin approcher, avait proposé à Paulin de réunir leurs deux Églises en une seule et de les gouverner ensemble fraternellement; la proposition n'était peut-être pas bien conforme aux canons, mais on y dérogeait sans grand scrupule alors, Paulin refusa, déclarant qu'il ne voulait se souiller par aucun contact avec l'hérésie, et Rome approuva son refus. Le pacifique Mélétius ne se rebuta point. « Nous sommes vieux, lui fit-il dire encore, bientôt l'un de nous quittera cette terre où nous vivons divisés : rendons-lui l'union après notre mort. Que celui de nous deux qui survivra prenne en main tout le troupeau catholique et soit reconnu dès maintenant comme le seul évêque légitime*. Pour assurer d'avance l'ordre de succession tel que nous l'établirons entre nous, nous le ferons accepter par les clergés de nos deux Églises, sous la garantie du serment-. » PauUn consentit cette fois, comptantsans doute avoir pour lui les chances de survie ; Rome non plus ne s'opposa point, et l'on procéda de part et d'autre à la solennité des engagements.

Ce fut une cérémonie grave et imposante. En présence du peuple et des clergés réunis, six clercs de

1. Jungamus grèges, ô amice, et contentionem de primatu deponamus; gregemque in commune pascentes, communem iis curam ex aequo impendamus. Theodoret., v, 3.

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