‹ Saint JéromeChapitre 72 sur 387 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Maxime était un vagabond qui menait de front le double métier de philosophe cynique et de chrétien ^ En qualité de cynique ou de chien, comme on disait plus souvent, il portait un bâton, une tunique blanche percée de trous, une besace, et joignait à ce costume ordinaire de sa secte une longue chevelure inculte qu'il rougissait avec des pommades caustiques pour mieux attirer l'altention. Il s'était fait dans les villes de la Grèce prédicateur de carrefour, orthodoxe du reste, et expliquant, au milieu de farces sacrilèges, les mystères les plus révérés de la religion aux portefaix et aux servantes. C'est sur un pareil homme que Pierre d'Alexandrie avait jeté les yeux pour en faire un évoque de la ville impériale. Guidée par ses instructions, la séquelle malfaisante des conducteurs de l'annone se fut bientôt accointée avec les mariniers du port; un des prêtres de Grégoire, jaloux de lui, se fit l'instrument du complot; un autre prêtre de Thase, venu pour acheter des marbres destinés à son église, livra l'argent dont il était porteur-: en peu de jours, les conjurés purent répondre d'une partie du peuple des faubourgs.

Cependant les évêques égyptiens étaient à leur poste, et Maxime redoublait de bouffonneries pour se concilier la multitude. Enfin, par une nuit obscure, les mariniers du port l'enlèvent, le conduisent dans l'église et le placent sur le trône épiscopal, pendant qu'on allait quérir les évêques^ Ce fut un étrange spectacle que de

stantinople et d'Alexandrie, les volumes des Récits de l'histoire romaine au v^ siècle, intitulés Saint Jean Chrysostome et l'Impératrice Eudoxie, — Nestorius et Eutychès.

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