‹ Saint JéromeChapitre 73 sur 387 · Sozom., VII · texte numérisé non relu

Sozom., VII

voir ce bateleur, en costume de cynique, le Mton à la main, la tête garnie de son épaisse crinière, entouré d'évêques en habits sacerdotaux, qui procédaient au cérémonial d'une ordination. Le jour les surprit avant qu'elle fût achevée, et des fidèles, entrés par hasard dans l'église, se mirent à pousser de grands cris demandant quelles saturnales on préparait là. Ces cris et la foule toujours croissante effrayèrent les Égyptiens, qui s'enfuirent, emmenant avec eux Maxime : une échoppe, habitée par un joueur de flûte \ était ouverte; ils y entrèrent en désordre — et c'est là que fut enfin tondu et sacré le nouvel évêque. Tel était l'indigne concurrent suscité contre Grégoire à la veille du concile : l'Église d'Occident ne rougit pas de l'appuyer.

Le concile se réunit au mois de mai de l'année suivante, 381, et, quoique aucun évêque occidental n'y figurât, l'assemblée n'en prit pas moins le titre d'œcuménique ou générale, sous lequel elle avait été annoncée, et que lui a conservé l'histoire. Peu de conciles des premiers temps de la chrétienté se sont montrés plus passionnés et plus turbulents. « C'était, dit Grégoire de Nazianze, qui ne ménage pas celui-ci, une armée de grues, d'oisons acharnés les uns contre les autres, s'entre-déchirant à qui mieux mieux; une troupe de geais vaniteux et criards, un essaim de guêpes prêtes à vous sauter au visage au moindre signe d'opposition-. » Chacun de ces hommes arrivait de son diocèse avec un parti pris sur les débats d'Antioche, un mot d'ordre arrêté sur les prétendus envahissements de l'Église occidentale. Paulin, qui s'était prudemment abstenu de

.1. Greg. Naz., Carm., i.

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