‹ Saint JéromeChapitre 79 sur 387 · Theodoret., Hist. eccles., v · texte numérisé non relu

Theodoret., Hist. eccles., v

Paulin s'embarqua, et, ralliant dans les eaux de Chypre Épiphane, son ami, ils firent voile ensemble pour l'Italie. Jérôme se trouvait encore à Constantinople, que Grégoire de Nazianze venait à peine de quitter. Quoiqu'il n'eût reçu ni convocation synodique, ni invitation particulière, il jugea que sa place était dans l'Église de son baptême ; à Rome, pensa-t-il, on pourrait s'aider de ses conseils, s'éclairer de l'expérience par lui acquise en Orient; il partit donc pour Rome. Après s'être concerté par lettres avec Épiphane et Paulin, pour leur réunion future, il prit la route de terre et traversa le continent grec d'un bout à l'autre : son intention était de gagner, à la pointe du Péloponèse, un des ports où les navires venant d'Antioche et de Chypre faisaient escale, Modon probablement. Chemin faisant, le voyageur observait, étudiait, classait dans sa vaste mémoire les trésors d'érudition qu'il répandit ensuite dans ses livres . A l'Acropolis d'Athènes, il remarqua un globe d'airain d'un fort volume qui gisait aux pieds de la statue de Minerve, dans le Parthénon*. Il essaya de le remuer, et y réussit à peine en employant ses deux mains. Ayant demandé ce que cette lourde boule signifiait, il apprit qu'elle servait de mesure à la vigueur des athlètes. Ceux qui se présentaient aux magistrats pour combattre dans les jeux publics devaient prouver leur force en la soulevant d'une seule main ; on les distribuait ensuite selon la hauteur à laquelle ils étaient parvenus : de cette manière les magistrats pouvaient ordonner les jeux à coup sûr, en appareillant convenablement les combattants. Jérôme trouva l'idée ingénieuse, et, son esprit se reportant toujours aux choses morales, il pensa qu'on

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