LIVRE II
avons sa terminer sans personne^? o Ces doléances, si pleines de hauteur et d'âcreté, furent consignées jusque dans les actes publics ^ Non-seulement les évêques convinrent de ne point partir pour l'Italie, mais ils arrachèrent à l'empereur Théodose la convocation d'un nouveau concile. Pour lieu de réunion, ils désignèrent Constantinople, et pour date, cette même année 382, choisie par les Occidentaux pour le concile œcuménique de Rome.
Il y avait là quelque chose d'insultant, de méprisant, qui dépassait toutes les bornes, et tendait à opposer nonseulement église à église, mais empereur à empereur L'hiver se passa en conciliabules, en brigues, en intimidations; les Orientaux voulaient que la manifestation préparée contre TOccident fût la plus éclatante possible : aussi nul évêque asiatique n'osa-t-il se rendre en Italie, à Texception de PauUn, que les Orientaux ne reconnaissaient pas, et d'Épiphane, de Salamine en Chypre, homme d'un caractère indépendant, lié d'affection personnelle à Paulin, et en double communion avec Alexandrie et Piome. Les évêques d'Egypte, toujours portés pour l'Occident, accueillirent bien la lettre synodique, mais ne partirent qu'en petit nombre. Quant à la Grèce, elle resta orientale, sauf un seul de ses prélats, Ascholius, de ïhessalonique^ Les circonstances étaient graves, on le voit. Quand les vents favorables commencèrent à souffler des côtes de Syrie vers le couchant.
1. Profectionem, ut qiiœ nihil einolumenti esset habitura, suscipere recusarunt. Theodoret., Hist. eccles., v, 8.
2.Epist. Concil. Constantinop. ad. Patr. Concil. Roman., ap. Gothofr» Cod. Theod., append., t. VI, p. 21.