‹ Saint JéromeChapitre 9 sur 387 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

La société romaine au iv^ siècle. — Peuple. — Patriciens. — Vie d'un sénateur de Rome. — Vie d'une riche matrone. — Mœurs du clergé romain. — Femmes attachées aux églises. — Les évêques de Rome au iv^ siècle ; caractère politique des papes de Rome. — Nécessité d'une réforme ecclésiastique, — Arrivée à Rome d'Athanase et de deux moines de Nitrie. — Histoire de Marcella. — Communauté monastique de l'Aventin; Asella, Furia, Fabiola, Paula. — Mode des pèlerinages en Terre-Sainte.

La seconde moitié du iv^ siècle fut sans contredit l'époque du plus grand luxe à Rome et en Italie, non de ce luxe public qui s'alliant aux arts se plaît à couvrir de marbre et d'or les monuments de la patrie pour la rendre plus belle, plus vénérée, mais du luxe privé, compagnon inséparable du caprice ou du mauvais goût, produit d'une décadence morale qu'il précipite luimême par le ravalement des arts. Sous les inspirations I. 1

de ce luxe énervant, la profusion des ornements succède à la beauté des formes, la richesse à la majesté. 11 avait essayé de se glisser à Rome avec la corruption asiatique sous les princes de la maison de Sévère; mais les mœurs occidentales, encore vigoureuses alors, le combattirent dans ses progrès : Constantin assura son triomphe en Occident par la fondation de Constantinople. Peuplée de Grecs d'Asie, la nouvelle capitale, qui devint par le séjour des principaux empereurs la vraie métropole de l'empire, eut bientôt conquis l'ancienne à des usages que celle-ci repoussait naguère avec horreur. La fille imposa à sa mère des fantaisies qu'elle recevait elle-même de l'extrême Orient. Par une de ces contradictions qui se retrouvent au fond des choses humaines et déroutent la logique des idées, le christianisme, religion d'abnégation et de pauvreté, née dans une étable et propagée par des pêcheurs, concourut à donner aux habitudes occidentales une mollesse inconnue des temps païens. Si Rome au \w^ siècle demeuraittoujours en beaucoup dépeints la régulatrice de la vie politique, elle ne fut plus celle des mœurs : ehe pouvait donner la loi, Constantinople donna la mode.

Les documents contemporains ne manquent pas à qui veut étudier et peindre la société de cette époque, sans recourir aux données des temps antérieurs, ressource d'ordinaire peu sûre, souvent même dangereuse. Des poètes, des orateurs qu'on appelait panégyristes, des historiens estimables, quelques écrivains épistolaires tels que Symmaque, nous en dévoilent le côté païen ; son côté chrétien se montre à nous avec plus d'ampleur encore et de certitude chez les écrivains chrétiens qui faisaient alors l'honneur de l'Occident: Jérôme, Ambroise, Augustin, Paulin de Noies. Leurs

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