‹ Saint Jérôme et les Saintes Écritures [microforme]Chapitre 18 sur 49 · Ep. CXXX · texte numérisé non relu

Ep. CXXX

liariser avec le texte sacré plus qu'aucun autre écrivain de l'antiquité e-clésiastique.

Si, de l'avis de tous les critiques impartiaux, la version de la Vulgate établie par notre Docteur laisse très loin derrière elle les autres versions anciennes, parce qu'on estime qu’elle rend l'original avec plus d’exactitude et d'élégance, cela est dû à cette connaissance de la Bible alliée à un esprit très fin. Cette Vulgate, qu’une décision du Concile de Trente ordonne de tenir pour authentique et de suivre dans l’enseignement de la liturgie, comme « étant consacrée par le long usage qu’en a fait l'Eglise durant tant de siècles», Notre vif désir, ei toutefois la grande bonté de Dieu nous prête vie, est de la voir corrigée et rendue à sa pureté primitive, d’après le texte authentique des manuscrits; labeur ardu et de longue haleine, heureuseme:t confié aux Bénédictins par Notre prédécesseur Pie X, d’heureuse mémoire, et qui fournira, Nous en sommes absolument certain, des ressources nouvelles pour l'intelligence des Ecritures.

Cet amour de saint Jérôme pour l’Ecriture se révèle tout particulièrement dans ses lettres, au point qu’elles semblent comme un tissu de citations des Livres Saints; de même que saint Bernard trouvait insipide toute page qui ne renfermât le nom très doux de Jésus, de même notre Docteur ne goûtait aucun écrit qui ne rayonnât des lumières des Ecritures. Aussi pouvait-il écrire en toute simplicité dans une lettre à saint Paulin, autrefois brillant sénateur et consul, récemment converti à la foi du Christ: « Si vous aviez ce terrain d'appui (je veux dire la science des Ecritures), vos ouvrages, loin d'y perdre, y gagneraient un certain fini et ne le céderaient à .aucun autre pour l'élégance, pour la science et pour la pureté de la forme. Joignez à cette docte élégance

le goût ou l'intelligence des Ecritures, et je vous verrai bientôt vous placer au premier rang de nos écrivains. »55

Pureté du coeur

Mais encore quelle voie et quelle méthode suivre pour chercher, avec l’agréable espoir de le découvrir, ce précieux trésor que le Père céleste a donné à ses enfants comme consolation dans leur exil? Saint Jérôme nous l'indique lui-même par son exemple. I1 nous demande avant tout d'apporter à l'étude de l’Ecriture une soigneuse préparation et un cœur bien disposé. Voyons-le lui-même après son baptême: pour écarter tous les obstacles extérieurs qui pouvaient contrarier son pieux dessein, imitant le personnage de l'Evangile qui, « dans sa joie » d’avoir trouvé un trésor, «s’en va, vend tout ce qu'il a et achète le champ »,% il dit adieu aux plaisirs éphémères et frivoles de ce monde, s’éprend de solitude et embrasse une vie austère avec d'autant plus d’ardeur qu’il s'est mieux rendu compte du danger que courait jusque-là son salut parmi les séductions du vice.

Humilité de l'esprit

Il devait encore d'ailleurs, après avoir écarté ces obstacles, disposer son esprit à acquérir la science de Jésus- Christ et à se revêtir de celui qui est « doux et humble de cœur ». Il avait, en effet, éprouvé les mêmes répugnances qu'Augustin avouait avoir ressenties lui-même lorsqu'il entreprenait l'étude des Saintes Lettres. Après s’être plongé, durant sa jeunesse, dans la lectr- . de Ci-

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