Ep. XLVIII, al
bouche plutôt que par Nous-même. Ecoutez donc en quels termes il parle de cette science sacrée à Paulin, son « confrère, compagnon et ami»: « Je te le demande, frère bien-aimé, vivre parmi ces myst: res, les méditer, ne savoir où chercher rien d'autre, ne te semble-t-il pas que ce soit déjà le paradis sur terre? »118 « Dis-moi, demande-t-il à son élève Paula, quoi de plus saint que ce mystère? quoi de plus captivant que ces plaisirs? Quel aliment, quel miel plus doux que de connaître les desseins de Dieu, d’être admis dans son sanctuaire, de pénétrer la pensée du Créateur, et d'enseigner les paroles de ton Seigneur que les sages de ce monde tourner.: en dérision et qui débordent pourtant de sagesse spirituelle? Laissons les autres jouir de leurs richesses, boire dans une coupe ornée de pierreries, se parer de soies éclatantes, se repaître des applaudissements de la foule sans que la variété des plaisirs parvienne à épuiser leurs trésors: nos délices, à nous, consisteront à méditer jour et nuit la loi du Seigneur, à frapper à la porte en attendant qu'elle s'ouvre, à recevoir de la Trinité l’aumône mystique des pains, et à marcher, guidés par le Seigneur, sur les flots du siècle. »117 A Paula encore et à sa fille Eustochium il écrit, dans son Commentaire de l'Epître aux Ephésiens: « S'il est quelque chose, 6 Paula et Eustochium, qui retienne ici-bas dans la sagesse et qui parmi les tribulations et les tourbillons du monde maintienne l'équilibre de l’âme, je crois que c’est avant tout la méditation et la science des Ecritures. »118
C’est parce qu'il y recourait que, accablé de profonds chagrins intimes et frappé dans son corps par la ma-