Ep. XXX, 13, 118. Eph., Prol
ladie, il goûtait encore la consolation de la paix et de la joie du cœur: cette joie, il ne s’arrêtait point à la savourer dans une vaine oisiveté, mais ce fruit de la charité se transformait en charité active au service de l'Eglise de Dieu à qui le Seigneur a confié le dépôt de | la parole divine. | Et, en effet, chaque page des Saintes Lettres des deux Testaments lui chantait les gloires de l'Eglise de Dieu. | Presque toutes les femmes célèbres et vertueuses qui | sont à l’honneur dans l’Ancien Testament, n'étaient-elles pas l’image de cette épouse mystique du Christ? Le sacerdoce et les sacrifices, les coutumes et les solennités, la presque totalité des faits rapportés dans l’Ancien Testament n’en constituaient-ils pas comme l’ombre? Et ce fait qu'il trouvait divinement réalisées dans l'Eglise tant de promesses des psaumes et des prophètes? Et luimême, enfin, ne connaissait-il point, par l’annonce qu’en avait faite Notre-Seigneur et les apôtres, les insignes privilèges de cette Eglise? Comment dès lors la science des Ecritures n’eût-elle pas enflammé le cœur de Jérôme d’un amour chaque jour plus ardent pour l’Epouse du Christ?
.. pour laquelle il bataille vaillamment contre l'erreur et contre le vice
Nous savons déjà, Vénérables Frères, quel profond respect, quel amour enthousiaste il portait à l'Eglise Romaine et à la Chaire de Pierre; Nous savons avec quelle vigueur il livrait bataille aux ennemis de l'Eglise. Applaudissant son jeune compagnon d'armes Augustin, qui soutenait les mêmes combats, et se félicitait de s’être comme lui attiré la fureur des hérétiques, il lui écrit: « Honneur. à ta bravoure! Le monde entier a les yeux
sur toi. Les catholiques vénèrent et reconnaissent en toi le restaurateur de la foi des premiers jours, et, signe plus glorieux encore, tous les hérétiques te maudissent et me poursuivent avec toi d’une haine égale, jusqu’à nous tuer en désir, dans leur impuissance à nous im-10ler sous le glaive. »11? Ce témoignage se trouve excellemment confirmé dans Sulpice-Sévère par Postumianus: « Une lutte de tous les instants et un duel ininterrompu avec les méchants ont concentré sur Jérôme les haines des pervers. En lui, les hérétiques haïssent celui qui ne cesse de les attaquer; les clercs, celui qui leur reproche leur vie et leurs crimes. Mais tous les hommes vertueux sans exception l’aiment et l’admirent. »120 Cette haine des hérétiques et des méchants fit endurer à Jérôme bien de pénibles souffrances, surtout quand les Pélagiens se ruèrent sur le monastère de Bethléem et le mirent à sac; mais il supporta d’une âme égale tous les mauvais traitements et tous les outrages et ne fut point découragé, prêt qu'il était à mourir pour la défense de la foi chrétienne: « Ce qui fait ma joie, écrit-il à Apronius, c’est d'apprendre que mes enfants bataillent pour le Christ; que Celui auquel nous croyons fortifie en nous ce zèle courageux, afin que nous soyons prêts à verser notre sang pour sa foi. Les persécutions des hérétiques ont ruiné de fond en comble notre monastère quant à ses richesses matérielles, mais la bonté du Christ le remplit de richesses spirituelles. Mieux vaut n'avoir que du pain à manger que de perdre la foi. »121 S'il n’a jamais permis à l'erreur de se répandre impunément, il n’a pas mis un moindre zèle à s'élever en