Ep. XLV, 2; CKXVT 3; CXXVIL
mort de Damase, Jérôme se retira à Bethléem; il éleva près du berceau du Christ un monastère où il se consacra tout entier à Dieu, employant tous les instants que lui laissait la prière à étudier et enseigner les Ecritures. « Déjà, dit-il encore lui-même, ma tête se parsemait de cheveux blancs, et me donnait l'apparence d’un maître bien plus que d’un disciple; néanmoins, j’allai à Alexandrie me mettre à l’école de Didyme. Je lui dois beaucoup: il m’apprit ce que jignorais; ce que je savais, j'ai gagné à l’apprendre sous une autre forme. On se figurait que je n’avais plus rien à apprendre: or, à Jérusalem et à Bethléem, au prix de quelles fatigues et de quels efforts n’ai-je pas suivi encore pendant la nuit les leçons de Baraninas! Il craignait les Juifs et me faisait l'effet d’un second Nicodème. » 1?
Loin de s’en tenir aux leçons et à l’autorité de ces maîtres — et il en eut d’autres, — il utilisa, pour faire de nouveaux progrès, des sources de documentation de tout genre: après s'être procuré dès le début les meilleurs manuscrits et commentaires de l’Ecriture, 1l dépouilla les livres des synagogues et les ouvrages de la bibliothèque de Césarée, constituée par Origène et Eusèbe; la collation de ces textes avec les siens devait lui permettre de fixer la forme authentique et le sens véritable du texte sacré. Pour mieux atteindre son but, il visita toute la Palestine, pleinement convaincu de l'avantage qu'il faisait ressortir dans sa lettre à Domnion et à Rogatien: «La Sainte Ecriture aura bien moins de secrets pour qui a vu la Judée de ses yeux et retrouvé la trace des villes disparues, les noms identiques et transformés des localités. C'est cette pensée qui nous guidait quand nous nous sommes imposé la