VI INTRODUCTION
tion assez complète. Les Apologies de Rufin, les lettres et les traités de saint Augustin, quelques témoignages, précieux quoiqu'assez brefs, de Sulpice Sévère, d'Orose, de Palladius, de Théophile, la correspondance pontificale renseignent sur nombre de faits ^. Saint Jérôme lui-même, si Ton met à part les autobiographies comme les Confessions^ est sans doute celui des auteurs chrétiens d'Occident qui nous a laissé le plus de détails personnels. Occupations ou sentiments, goûts littéraires et dispositions morales, souvenirs de jeunesse, difficultés du présent, appréhensions pour l'avenir, amitiés et rancunes, contradictions et controverses, infirmités chroniques ou momentanées, il n'est pas jusqu'à ses tentations et à ses rêves sur lesquels il ne nous fasse quelque confidence 2.
Mais cette abondance ne va pas sans danger : il importe d'y prendre garde. Ces renseignements nous arrivent par des sources diverses. Il y a d'abord les lettres ^ et les préfaces. Fort nombreuses, celles-ci, plus encore que les lettres dont un grand nombre sont de vrais opuscules, constituent des fragments d'autobiographie, écrits au jour le jour, sous l'impression du moment *. Elles précisent des particularités de la vie extérieure ou firent un état d'âme. Il y a ensuite les traités de polémique et les apologies où la préoccupation de la défense personnelle est prépondérante '. En dernier lieu viennent les autres œuvres de caractère moins sub-
^ Un choix, sous le titre de Selecta Veterum testitnonia de Hieronymo eiusque scriptis, allant du V^ au XVIP siècle, dans Migne, PL, XXII, 213-232.
^ Ces détails ont été réunis à diverses reprises dans des recueils spéciaux qu'il y aurait avantage à refaire: AuG. Cermelli, Vitaprimi et maximi doctoris Ecclesiae Smi Hieronymiy Ferrare, 1648, 8°, 71 pages; Seb. Dolci, Maximus Hieronymus vitae suae scriptor, sive de moribus, doctrina et rébus gestis Hieronymi Stridonensis commentarius ex ipsismet eius operibus decerptus, editus, illustratus, Ancône, 1750, 8°, XVI-240 pages. *
'L'édition critique deM.HiLBERG (CSEL,t. LIV-LVI) comprend 154 lettres; 122 sont de Jérôme lui-même, les autres sont des papes Damase, Anastase, Innocent I, de saint Augustin, de saint Épiphane, de Théophile d'Alexandrie, etc. On peut compter 69 lettres familières et 53 traités, sous forme épistolaire. A ces derniers Jérôme donne de préférence le nom de libelli (par exemple pour la lettre XXII).
* Les préfaces sont au nombre de 1 10, plusieurs fort courtes.
^ Polémique personnelle : le Cotitra lohannem Hierosolymitanum et les deux Apologies contre Rufin,