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LES MONASTÈRES DE BETHLEEM I

un peu plus tard que Jérôme fit une excursion jusqu'à la mer Morte.

A plusieurs reprises, surtout aux premiers temps de son séjour, il re visita à loisir les Saints- Lieux ^. Parmi ces voyages à but scientifique les plus importants furent assurément ceux qui le conduisirent plus d'une fois à la Bibliothèque de Césarée où la pieuse sollicitude de Pamphile, d'Eusèbe, puis d'Acace et d'Euzoios, ses successeurs dans l'épiscopat, avait recueilli avec soin et entretenu l'héritage littéraire du grand Origène. Jérôme ne se contenta pas de regarder ou d'examiner les précieux manuscrits. Dans la mesure de ses ressources, il fit transcrire, pour son usage personnel, le plus possible des écrits du savant docteur. En particulier il collationna l'exemplaire unique des Hexaples auquel d'ailleurs, en cas de difficulté, il ne manquait pas de recourir directement. De ces fréquentations devait lui venir le plus clair de son érudition biblique et ecclésiastique ^.

Rentré à Bethléem, dans l'été de 386, Jérôme se contenta d'abord d'une installation provisoire. Le temps nécessaire pour achever les constructions définitives dura trois ans. Ce fut donc seulement en 389 qu'il prit possession du monastère des hommes que Paula avait fait bâtir, en même temps que son propre monastère et une hôtellerie pour les pèlerins « afin que Marie et Joseph ne fussent plus sans abri ^. » Ces bâtiments n'étaient pas contigus.

^Cfrp. 124, note i ;/m ATa^wm, préface (PL, XXV, 1232, A): « Cum Elcesi usque hodie in Galilaea viculus sit, parvus quidem et vix ruinis veterum aedificiorum indicans vestigia, sed tamen notus ludaeis et mihi quoque a circumducente monstratus. » — Saint Jérôme a particulièrement noté le spectacle que leur offrit à Sébaste de Samarie le tombeau de saint Jean-Baptiste {Epist. CVIII, 13) : « Ubi multis intremuit (Paula) mirabilibus, namque cernebat daemones variis mugire cruciatibus et ante sepulcra sanctorum ululare homines luporum vocibus, latrare canum, fremere leonum, sibilare serpentum, mugire taurorum, alios rotare caput et post tergum terram vertice tangere suspensisque pede feminis vestes non defluere in faciem. »

^ Voir note complémentaire H.

^ Saint Jérôme en a fixé l'emplacement dans VOnomasticon (s.v. Bethléem ;édit. KlostermaNjP. 45) :« Sed et propter eandem Bethléem régis quondam ludaeae Archelai tumulus ostenditur qui semitae ad cellulas nostras e via publica divertentis principium est. » — Contra lohan. Hierosol. XLII (PL, XXIII, 394, A):

128 l'établissement a BETHLÉEM

Le monastère des femmes, subdivisé en trois habitations analogues, correspondant aux trois classes de religieuses, groupées d'après leur rang social, bien que soumises à la même discipline, était situé près de l'église, sur l'un des côtés. L'hôtellerie se trouvait sur la route, s'offrant d'elle-même à l'étranger. Le monastère des hommes était à une certaine distance de l'église. Le chemin qui y conduisait quittait la voie principale à un endroit où un tombeau rappelait le souvenir d'Archélaûs, fils d'Hérode et roi de Judée ^.

C'est là que désormais, en dehors des voyages que l'on vient de rappeler, et des visites à Jérusalem, se passeront les longues années, toutes de labeur et de piété, que Jérôme avait encore à vivre. Chaque monastère était indépendant. Paula dirigeait celui des religieuses, Jérôme celui des hommes. Chacun avait son oratoire particulier, mais le dimanche ^, c'était à l'église même de la Na-

« Ex quo tempore usque in praesentem diem, videmus tantum specum domini et haereticis intrantibus procul positi suspiramus. « — Epist. CVIII, 14 : « Nec multo post in sancta Bethléem mansura perpétue, angusto per triennium mansit hospitiolo, donec exstrueret cellulas ac monasteria et diversorium peregrinorum iuxta viam conderet, quia Maria et loseph hospitium non invenerant. » — Pour le monastère des femmes, la lettre CVIII, 20, indique qu'il était près de l'église de la Nativité : « Die tantum dominico ad Ecclesiam procedebant, ex cuius habitabant latere. » Aussi pendant la maladie de Paula, Eustochium allait-elle sans cesse de la chambre de sa mère à la grotte (Epist. CVIII, 27) : « Inter iacentem matrem et specum domini discurrit. » Cfr Schiwietz, Dos morgenlândische Mônchtum, t. II, 2^ partie, § 16-18, p. 178-186.

^ Il semble que saint Jérôme soit le seul à mentionner ce monument. Archélaûs étant mort en exil à Vienne, faut-il penser que sa dépouille mortelle fut rapportée en Palestine ou était-ce seulement un cénotaphe ? On a placé en différents endroits le monastère de saint Jérôme, récemment là où des fouilles ont amené la découverte d'une nécropole, aux citernes de David. Mais il ne faut pas oublier qu'à Bethléem il y a eu d'autres monastères que celui de Jérôme. Tel par exemple, celui de Cassien et celui où vécurent Palladius et Posidonius. Il est vrai que souvent l'on n'avait affaire qu'à des cellules isolées. Quant à la grotte dite de saint Jérôme, rien dans ses œuvres n'appuie l'identification assez tardive à laquelle elle doit son nom. Voir les renvois de la table au mot Jérôme dans H. Vincent et F. M. Abel, Bethléem, Paris, 1914.

^ Epist. CVIII, 20 : « Post virorum monasterium, quod viris tradiderat (Paula) gubernandum, plures virgines quas e diversis provinciis congregarat, tam nobiles quam medii et infimi generis, in très turmas monasteriaque divisit, ita dumtaxat ut, in opère et cibo separatae, psalmodiis et orationibus iungerentur... Die tantum dominico ad ecclesiam procedebant ex cuius habitabant latere et unumquodque agmen matrem propriam sequebatur atque inde pariter revertentes

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