‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 60 sur 106 · PL, XXIII · texte numérisé non relu

PL, XXIII

vues et fait dire aux textes ce qu'ils ne signifient point ^. S'il fait appel à l'érudition profane, Jérôme le submerge sous le flot des citations empruntées aux spécialistes. Les colonnes s'allongent de témoignages païens qui viennent corroborer sa thèse et condamner celle de Jovinien. Les satiriques et les comiques fournissent à plaisir les traits qui accablent le méchant écrivain au style amphigourique et le réformateur, héritier tardif d'Épicure ^. Rien n'est oublié pour ne laisser à Jovinien aucun avantage et lui ôter toute envie de faire désormais parler de lui.

Le livre premier en entier est consacré à réfuter sa première proposition : vierges, veuves, femmes mariées, une fois baptisées, à égalité d'oeuvres, ont égalité de mérites ^. C'est tout d'abord à mettre en pièces le dossier scripturaire de Jovinien que s'attache Jérôme. Il va droit à l'essentiel. La première épître de saint Paul aux Corinthiens lui fournit matière à un abondant exposé qui met dans leur véritable jour la valeur respective de la virginité et du mariage, ainsi que leurs véritables relations *. Il reprend alors l'histoire de l'Ancien Testament pour rétablir les faits et exposer leur signification authentique ^. Puis, passant au Nouveau, il n'a pas de peine à y montrer la part prépondérante que la prédication et l'exemple de la continence y réclament ^. Même procédé pour la doctrine : Jérôme explique les textes des deux Testaments en rappelant l'économie divine par laquelle le monde a été progressivement préparé à l'idéal évangélique, seul désormais acceptable : idéal dont l'application, dans l'Église

^ Presque tout le premier livre : I, 5-40 (Ibid. 215-270); II, 1-4 (281-289); 6 (293-294); 15-34 (305-373)- Cfr I, 4 (214-215) où il expose son programme : « Adversus singulas propositiones eius Scripturarum vel maxime nitar testimoniis, ne querulus garriat se eloquentia magis quam veritate superatum. »

- Adversus lovin. I, 41-49 {Ibid. 270-282) ; II, 6 (291-293); 7-14 (294-305). Il l'appelle « Epicurum christianorum (I, i ; 211, A), nostrum » (II, 36; 333-334). Cet étalage d'érudition profane, empruntée d'ailleurs en partie à des ouvrages où les énumérations étaient déjà groupées, est bien voulu (I, 4; Ibid. 215, A ): « Assumam exempla saecularis quoque litteraturae, ad quam et ipse provocat.»

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