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l6o LA POLÉMIQUE CONTRE JOVINIEN
gourmandise de Jovinien les actes de sobriété retenus par l'histoire païenne ^. Il fait appel à Hippocrate et à Galien pour vanter les mérites de la tempérance, puis, s 'élevant plus haut, il montre dans l'Écriture la source de la doctrine chrétienne sur l'abstinence et comment cette vertu est le secret de la véritable force ^. En assurant la maîtrise sur les sens elle prépare l'âme à l'exercice des plus hautes vertus.
La dernière proposition fournit à Jérôme l'occasion d'insister davantage encore sur le vrai sens de l'Écriture. C'était l'une des plus répugnantes pour notre sentiment inné de la justice, mais en même temps l'une des plus agréables à la médiocrité religieuse : tous les baptisés fidèles à leur baptême ont droit à la même récompense. Jérôme réfute avec indignation, par de nombreux textes scripturaires, cette doctrine d'abâtardissement. Il explique les paroles et les textes qui semblent au premier abord la favoriser et revendique d'une manière irréfutable la diversité des récompenses célestes en rapport avec la diversité des mérites ^.
Ayant ainsi terrassé l'adversaire, il lui lance en guise d'adieu une dernière invective. Dépeignant en traits vifs l'abjection du système et de ses sectateurs, il met en garde la ville où le blasphème qu'elle portait écrit sur le front a été effacé par la foi chrétienne :
« O Ville puissante, ville maîtresse du monde, toi que l'Apôtre a louée, interprète et applique ton nom : Rome signifie force en grec, sublimité en hébreu. Garde la propriété de ton appellation : que ta vertu te conserve élevée au lieu de te rabaisser par la volupté ! Cette malédiction dont le Sauveur dans l'Apocalypse t'a menacée, tu peux l'éviter par la pénitence, à l'exemple des Ninivites. Prends garde au nom de Jovinien qui dérive d'une idole. Le Capitole est sans éclat, le temple de Jupiter et ses rites n'existent plus. Pourquoi son nom et ses vices trouveraient-ils à se maintenir chez toi } Quand existaient encore les rois, sous Numa Pompilius, tes anciens ont plus facilement accepté la continence de Pythagore que, sous les consuls, la débauche d'Épicure *. »
iII,5-i7(PL, XXIII, 290-312).
2 Appel aux philosophi et aux pkysici : II, 6-14 (292-305); Écriture : 15-17 (305-312).