‹ Saint Jérôme (volume 2)Chapitre 83 sur 106 · II,4-8(587,A-592,A · texte numérisé non relu

II,4-8(587,A-592,A

entendu plus de six ans et d'autres avec lui, non moins éminents, Paul, les deux Macaire, Pambo. Jérôme d'ailleurs ne craint pas de recourir aux Juifs et, outre Porphyre, de se réclamer de Barabbas ^.

Il prétend n'avoir loué Origène que deux fois et encore comme exégète. Or, en dix endroits bien comptés il le loue sans restriction. Ah ! comme nous sommes loin du temps où il le proclamait un modèle de travail et où il protestait que c'était par envie et non pour cause d'orthodoxie qu'Origène avait été condamné ^ ! D'ailleurs Jérôme en profite pour dire du mal de saint Ambroise, comme il a dit du mal de Rome, dans une autre préface où il élevait jusqu'au ciel ce Didyme qu'il plonge maintenant dans les enfers. Comme si lui-même n'avait pas pillé Origène plus encore qu 'Ambroise et ne s'en était pas vanté comme d'un titre d'honneur ! Mais cela lui est coutumier de dénigrer ceux qu'il avait d'abord loués. Il l'a fait pour Didyme, pour lui Rufin, pour Mélanie, dont il a supprimé la mention dans sa Chronique ^.

Est-ce qu'il n'a pas d'ailleurs le premier altéré Origène, supprimé ce qui lui paraissait malsonnant ? Alors pourquoi lui reproche-t-il d'en faire autant, lui qui aurait beaucoup à corriger dans ses œuvres, dans l'Épître aux Éphésiens en particulier *.

De plus il se contredit car, d'après lui, le Periarchon, tel que Rufin l'a traduit, est d'un hérétique et cependant il lui reproche de l'avoir rendu orthodoxe : il faut choisir ^. Il ne respecte même pas le martyr Pamphile,dans sa rage d'attaquer tous les écrivains ecclésiastiques ^. Il se plaint que Rufin ait traduit le Periarchon; mais si d'autres ne l'ont pas fait, c'est peut-être qu'ils n'en avaient pas les moyens et, après tout, le traducteur est Hbre de choisir ce qu'il traduit. Jérôme n'épargne pas le blâme aux traducteurs précédents, saint Hilaire et Victorin. N'a-t-il pas reconnu lui-même

^ II, 12-13 (S94-B-596, A). C'est une allusion au maître hébreu de saint Jérôme, Baranina, qui, dans certains textes, est dit Barabbas. 2 II, 13-22 (596, A-602, A).

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