‹ Saint JérômeChapitre 101 sur 192 · III. Le premier séjour en Orient I. — Date du départ · texte numérisé non relu

III. Le premier séjour en Orient I. — Date du départ

Jérôme ne donne aucune date précise, mais nous disposons de plusieurs synchronismes sur lesquels, malheureusement, l'on n'a pas, non plus, toute la précision désirable. Ils concernent surtout les faits et gestes d'Evagrius, connus par ce qu'en disent Jérôme et saint Basile, et ceux de Rufin mentionnés par Jérôme encore et par Palladius.

a) EvAGRius. — Il accueille Jérôme à Antioche. Cela ne signifie pas nécessairement qu'il a quitté l'Occident avant lui, Jérôme ayant fait de longs détours. Si la lettre I, 15, à Innocentius, est à prendre au sens littéral : « Auxentium Mediolani incuban-

1 Epist. III, 5.

» PL, XXVII, 697-698 ; édit. Helm, p. 247.

tem huius excubiis sepultum paene antequam mortuum », Evagrius ne serait parti pour l'Orient qu'après la mort d'Auxence, survenue en 374, à une date inconnue avant décembre, où eut lieu l'élection de son successeur saint Ambroise. Cela paraît bien le sens naturel du texte et l'on n'a, quoi qu'on dise, donné, en dehors de ce sens, aucune explication satisfaisante de cette phrase. Sans doute Auxence fut condamné vers 370 par un synode romain; mais Valentinien s'étant opposé à ce que la sentence fût suivie d'effet, on ne voit guère en quoi il y aurait lieu de féliciter Evagrius de ce succès à rebours, ni même quel titre on pourrait invoquer pour justifier sa présence et son intervention auprès de l'empereur, comme pour les autres cas rapportés. Il s'agirait donc de quelque mesure prise aussitôt après la mort d'Auxence et ayant pour but de ruiner définitivement l'action arienne à Milan.

Ces données sont à confronter avec celles que fournit la correspondance de saint Basile. En effet, à son retour en Orient, Evagrius passa par Césarée pour s'acquitter d'une mission que lui avait confiée le pape saint Damase et causer avec lui de la conduite à adopter à Antioche, divisée par le schisme. La date de la lettre CXXXVIII, 2 (PG, XXXII, 580), où Basile rend compte de cette entrevue à saint Eusèbe de Samosate, est ellemême à déterminer par divers synchronismes sur lesquels les historiens ne s'accordent pas. Je ne vois pas de raison convaincante pour abandonner la date : printemps 374, que j'ai adoptée dans Le Schisme d' Antioche (p. 158 et suiv. et p. 330-331).

b) RuFiN. — Il ressort des lettres de saint Jérôme que le départ de Rufin pour l'Orient est postérieur au sien, mais l'a suivi d'assez près puisque Rufin est déjà en Egypte avant l'arrivée de Jérôme au désert. Les historiens adoptent des dates diverses : 372, 373 >374> 375 -Tout cela est encore à étudier de près, ainsi que les rapports de Rufin avec Mélanie, en Egypte et en Palestine.

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