DU DEPART DE ROME AU « DE VIRIS
Cassiodore cette dernière application du système, parce qu'il tient ces livres traduits les premiers, à cause du prologus galeatîis, est d'autant moins recevable, qu'elle est en contradiction formelle avec les assertions mêmes de Cassiodore, qu'il cite p. 59, n. 2 (De Inst. divin, litt., XII; PL, LXX, 1124, Q * « Meminisse autem debemus memoratum Hieronymum omnem translationem suam in auctoritate divina, sicut ipse testatur, propter simplicitatem fratrum, colis et commatibus ordinasse. » Cfr encore préface, ibid. 1109, C. Par suite aussi est antérieure la traduction des autres Prophètes. La préface de Daniel en apporte une nouvelle preuve pour ce qui est dit des livres de la Bible (PL, XXVIII, 1294 B) : « In très siquidem partes omnis ab eis scriptura dividitur, in legem, in prophetas, in hagiographa, id est in V et VIII et in XI libros, de quo non est huius temporis disserere. » Si Jérôme l'avait déjà fait, dans le prologus galeatus, il y renverrait, au lieu d'employer cette formule. Il est possible aussi que la traduction du Psautier soit antérieure. Une phrase peut l'indiquer (PL, XXVIII, 1125, A; édit. La- GARDE, p. 3, 1. 31) : « Rursum me obtrectatorum latratibus tradidi. » Elle peut faire allusion aux critiques de la revision des Évangiles, ou indiquer que c'est le second essai de traduction sur l'hébreu, après les Prophètes. La phrase de la préface de Samuel (PL, XXVIII, 557 B) : « lege ergo primum Samuel et Malachim meum », ne constitue pas une objection irréfutable. Cela paraît confirmé par le fait que déjà, lors du De ViriSy Sophronius a traduit en grec le Psautier qui lui était dédié et les Prophètes. Il est vrai que, par rapport aux Septante, ils étaient plus nouveaux que les livres historiques.
Les commentaires ont été composés en dernier lieu, dans la mesure où saint Jérôme ne travaillait pas simultanément à ces diverses œuvres, ce qui était certainement l'ordinaire. On le conclut légitimement de leur place dans la notice du De Viris et aussi de la récapitulation, au début du livre sur Jonas, où ces commentaires sont signalés comme interrompus pendant trois ans par d'autres travaux dont le premier est le De Viris (PL, XXV, II 17, B). Saint Jérôme donne des énumérations différentes pour l'ordre suivi :
De Viris, CXXXV (PL, XXIII, 719, A): Michée, Sophonie, Nahum, Habacuc, Aggée.
Prolog, in lonam (PL, XXV, 11 17, B) : Michée, Nahum, Habacuc, Sophonie, Aggée.
In Amas, III {Ihid. 1057, C) : Nahum, Michée, Sophonie, Aggée, Habacuc.
C'est celle-ci qui est la vraie, car là-même, l'auteur explique nettement qu'il n'a pas suivi l'ordre régulier pour ces traductions : « Non enim a primo usque ad novissimum, iuxta ordinem quo leguntur, sed ut potuimus et rogati sumus, ita eos disseruimus, etc. » Les Commentarioli in Psalmos sont antérieurs à la traduction du Psautier, comme il ressort de la controverse, sur le psaume II, avec Rufin (Jérôme, Apol. I, 19; PL, XXIII, 413, A B) : « lUud quoque carpere dicitur quod secundum psalmum interpretans... dixerim in Commentariolis meis... et rursum onme psalterium in romanum vertens sonum, quasi immemor expositionis antiquae, posuerim...»; (413, C D) : «Et qui in Commentariolis... dixeram... in ipso corpore (la traduction) dixerim... ». Ce traité, en dépit de l'utilisation d'une version latine qui ne s'identifie avec aucune des versions hiéronymiennes et qui peut être une traduction directe sur le grec des Septante, faite par saint Jérôme à mesure qu'il dicte ses remarques, est postérieur au séjour de Rome, puisqu'il mentionne la fréquentation de la bibliothèque de Césarée [Anecd. Mareds., t. III, I, p. 5, 1. 16) : « Nam î^ottAoûç Origenis in Caesariensi bibliotheca relegens semel tantum scriptum repperi. » Les VII tractatus sur les psaumes X-XVI sont mentionnés dans la notice du De Viris, entre la traduction des homélies sur saint Luc et la Vita Malchi. Celle-ci est suivie de la Vita Hilarionis sur laquelle on n'a aucune autre donnée chronologique.
Cette même notice ajoute qu'au moment où écrit saint Jérôme, il y a : « multa alia de opère prophetali, quae nunc habeo in manibus et necdum expleta sunt. » Il composait ses commentaires en première ébauche puis, au moment de la transcription définitive, les dédiait avec la préface correspondante.