DU DEPART DE ROME AU « DE VIRIS
la notice autobiographique du De Viris (chap. CXXXV). Mais il ne semble pas qu'à l'intérieur de la période, elle suive strictement l'ordre chronologique. En combinant ces données avec celles des préfaces et les rares renseignements fournis par ailleurs, on obtient les résultats brièvement signalés dans la Biographie. Le travail le plus ancien doit être la Vita Malchi. Il fait allusion à la fois à la rouille, due à une longue inaction littéraire, et à la malveillance, cause de cette inaction, en même temps qu'à la fuite vers la solitude (tome P'^, p. 130). Il paraît assez naturel d'admettre que saint Jérôme a d'abord terminé les travaux commencés à Rome : la traduction du traité de Didyme sur l'Esprit- Saint et le commentaire sur VEcclésiaste. La préface du premier respire l'atmosphère de bataille : le vaincu y exhale, dans sa préface, ses rancœurs contre la Babylone qu'il a quittée pour rentrer dans sa vraie patrie, Jérusalem. Pour VEcclésiaste on dispose d'une chronologie plus précise. Jérôme dit lui-même, au début de la préface, qu'il écrit environ cinq ans après la maladie et la mort de Blésilla (384) (PL, XXIII, 1009, C) : «Ante hoc ferme quinquennium », c'est-à-dire vers 388-389. Je place ensuite les commentaires sur saint Paul, pour lesquels manque tout témoignage positif, uniquement parce qu'ils me paraissent dénoter un progrès réel dans l'art du commentateur, par rapport au traité sur l'Ecclésiaste. On a vu que les préfaces indiquent elles-mêmes comme ordre véritable, non celui de la notice du De Viris: Galates, Éphésiens, Tite, Philémon, mais, sans intervalle bien prolongé entre eux : Philémon, Galates, Éphésiens, Tite. Pour les autres ouvrages la seule donnée précise concerne la traduction des homélies d'Origène sur saint Luc. La préface vise le commentaire de saint Ambroise sur le même évangéliste. D'après les recherches de M. Schenkl, le dernier éditeur des œuvres d'Ambroise ^, il n'a paru qu'après l'automne de 388 ; d'après M. Wilbrand ^, en 387. Comme on peut supposer que la lecture n'en a pas été faite aussitôt à Bethléem et que la traduction a pris un certain temps, il semble que la date de 389 réponde à
1 CSEL, t. XXXII, IV, préface, p. viii.
* Historisches Jahrbuch, article cité, t. XLI, 1921, p. 9-1 1.
toutes les données du problème. Or, saint Jérôme affirme qu'il interrompt son travail sur les Questions hébraïques, pour cette traduction. D'autre part, les Questions sont composées parallèlement avec VOnomasticon et la traduction du Liber locorum d'Eusèbe. Ces trois ouvrages ont dû paraître presque simultanément, puisqu'ils renvoient les uns aux autres, au passé. Cependant les préfaces indiquent comme ordre réel de publication : Onomasticon, Liber locorum et Quaestiones. En effet, la préface de VOnomasticon dit du second : « quem editurus sum », et des Quaestiones : « nunc in manibus habeo », ce qui semble indiquer un état décomposition moins avancé. Quant aux revisions d'après les Septante, elles sont antérieures à la traduction d'après l'hébreu dont les préfaces y renvoient. Si je mets les libri Salomonici et les Paralipomènes avant les Psaumes et Job, c'est que la préface de ce dernier suppose plusieurs re visions de ce genre, déjà effectuées (PL, XXIX, 62, B) : « Et unumquemque lectorem solita praefatione commoneo et in principiis librorum eadem semper annectens rogo ut ubicumque videritis, etc. » au sujet des signes diacritiques. La revision des Psaumes contient une phrase analogue (PL, XXIX, 118-119) : « Unde consueta praefatione commoneo... ut quae diligenter emendavi cum cura et diligentia transferantur. » Quant aux traductions sur l'hébreu, elles sont antérieures aux commentaires sur les petits Prophètes qui les utilisent. Contrairement à l'opinion commune, qui met en tête, à cause du prologus galeatus, celle de Samuel et des Rois, il me paraît résulter de la préface de la traduction d'Isaïe (PL, XXVIII, 771, B) que celle-ci est antérieure : « Nemo cum prophetas versibus viderit esse descriptos métro eos aestimet apud Hebraeos ligari et aliquid simile habere de psalmis vel operibus Salomonis sed, quod in Demosthene et Tullio solet fieri, ut per cola scribantur et commata, qui utique prosa et non versibus conscripserunt, nos quoque, utilitati legentium providentes, interpretationem novam novo scribendi génère distinximus. » Il pose donc ici le principe général et cela explique naturellement pourquoi les autres livres de la Bible, y compris ceux de Samuel et des Rois, sont écrits de la même manière. L'hypothèse de dom Cottineau {Miscellanea Geronimiana, p. 60) qui attribue à