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LA DENONCIATION DU « PERIARCHON

contraire selon l'apôtre Paul qui dit : Examinez tout; gardez ce qui est bon \ D'ailleurs ceux qui l'aiment à l'excès comme ceux qui, par leur mauvais estomac, sont entraînés à le détester, me paraissent tomber sous le coup de la malédiction prophétique : Malheur à ceux qui appellent le bien mal et le mal bien, qui changent l'amer en doux et le doux en amer ". Sa science ne doit point faire accepter ses mauvaises opinions, ni la méchanceté de ses opinions, quand il a composé d'utiles commentaires sur les Saintes Écritures, faire totalement rejeter ceux-ci. A supposer que partisans et adversaires s'entêtent à son sujet, refusent tout moyen terme et ne gardent pas de modération, mais en bloc approuvent ou rejettent, je préférerai une pieuse rusticité à un savant blasphème... »

Quand les familiers de saint Jérôme parcoururent le Periarchon traduit par Rufin, deux choses surtout les frappèrent : l'impudence, pensèrent-ils, avec laquelle Rufin osait mettre sous le patronage de Jérôme une entreprise aussi perverse que la traduction àuPeriarchon, razis aussi l'innocuité relative de l'ouvrage. Certes il y avait du mauvais dans le livre des Principes, mais ils s'attendaient à en trouver beaucoup plus et, puisque Rufin déclarait qu'il avait fait des changements, il fallait s'éclairer sur ce point. Il importait donc d'agir au plus tôt auprès de Jérôme pour qu'il avisât. C'est le double sentiment qui s'exprime dans la lettre suivante de Pammachius et d'Oceanus ^ :

(c Un saint parmi les frères nous a apporté les feuilles d'un tiers contenant le volume d'Origène, qui a pour titre Hepi lip^Cw, traduit en latin. Il s'y rencontre bien des choses qui émeuvent la faiblesse de notre esprit et nous n'y trouvons pas d'expression suffisamment catholique. Comme nous soupçonnons aussi que, pour excuser l'auteur, on a supprimé de son livre beaucoup de choses qui auraient pu montrer son impiété ouverte, nous prions ta Prestance, sur ce sujet particulier, moins pour nous que pour tous les habitants de Rome, de vouloir bien composer un travail utile et interpréter dans ta langue fidèlement ce livre d'Origène, tel qu'il a été édité par l'auteur, en manifestant ce que son défenseur a interpolé et, dans ces feuilles mêmes que nous adressons à ta Sainteté, blâmer et réfuter ce qui est contraire à la règle catholique ou

^ I Thessal. V, 21.

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