II, 44(621, AB
'^ II, 45-47 (621, B-624, A). La finale laisserait croire que l'Apologie aurait été achevée avant la condamnation d 'Origène par Anastase, ou plutôt qu'il était question d'une condamnation solennelle.
marche ^. Épiphane, qui en était le métropolitain, reçut même une lettre particulière de Théophile, l'invitant à réunir un synode, pour adhérer à cette condamnation ^. Les Palestiniens répondirent par un accusé de réception correct et froid. Ils s'empressaient de déclarer leur pays à l'abri de toute contagion, à l'exception de quelques Apollinaristes, réprouvaient les doctrines qu'ils n'avaient d'ailleurs jamais entendu soutenir, et déclaraient qu'ils n'adm.ettraient point à leur communion ceux qui seraient condamnés par Théophile, avant qu'ils lui eussent donné satisfaction ^. Dans une lettre particulière, l'ami d'Épiphane, Denys de Lydda, exprimait en termes chaleureux son approbation, et invitait Théophile avec énergie à continuer ^. Nous n'avons point la réponse des Cypriotes, mais on peut juger du bonheur du vieil évêque de Salamine, par la lettre qu'il écrit à Jérôme. C'est un chant de triomphe, en même temps qu'une exhortation à se mêler plus activement encore à la bataille. Déjà Épiphane l'y avait invité dans une lettre précédente; il espère qu'il a agi et qu'il a mis la dernière main au livre destiné à l'Occident sur ce sujet. La tâche est d'autant plus urgente que, a-t-il appris, certains naufragés y sont arrivés qui essaient d'en envelopper d'autres dans leur perte ^.
Jérôme de son côté était déjà de nouveau en relations épistolaires suivies avec Théophile. Si lui-même n'avait jamais cessé d'écrire, Théophile, depuis les incidents causés par l'affaire de Paulinien, gardait le silence ^. Mais à l'occasion d'une question de discipline, il reprit la correspondance pour rappeler à l'observation des saints canons, tout en manifestant une sympathie qui
* La synodique adressée aux Palestiniens et aux Cypriotes, traduite par Jérôme, forme la lettre XCII de la correspondance. Elle est antérieure de peu au 14 septembre 400.
^ Correspondance de saint Jérôme, Epist. XC, du même temps. ^ Jérôme, Epist. XCIII, septembre 400.
* Jérôme, Epist. XCIV, septembre 400.
^ Jérôme, Epist. XCI, du même temps : « lam autem puto et te aliquid operis edidisse et iuxta priorem epistulam, qua te super hac re fueram exhortatus, elimasse libros quos tuae linguae homines legant. Audio enim et ad Occidentem quorundam hominum naufragia pervenisse. »
* Voir la chronologie, t. II, p. 38 et suiv.
l'antiorigénisme en orient 271
contrastait avec sa froideur momentanée. Jérôme s'était empressé de répondre pour dire le contentement que lui causait la reprise de rapports cordiaux et remercier de l'avertissement. Il laissait entendre qu'il était inutile et ajoutait, non sans hardiesse, que Théophile était jugé un peu tiède dans la répression de l'hérésie origéniste ^. C'était avant la grande expédition de Nitrie. Il ne tarda pas à être entendu au delà de ses espérances. Théophile, au lendemain de cette expédition, envoyant à Rome le moine Théodore, approuva qu'il se rendît d'abord à Bethléem pour voir Jérôme. Il devait lui apporter des nouvelles consolantes sur l'état des monastères de Nitrie et la paix qui y régnait, depuis l'expulsion des origénistes. Il souhaitait qu'il en fût de même en Palestine : le mal y comptait quelques foyers qu'il fallait extirper ^. A l'occasion d'un semblable voyage aux mêmes lieux de l'évêque Agathon et du diacre Athanase, Théophile l'informait de nouveau du succès de son zèle en Nitrie et l'invitait à prendre part à la récompense, en la méritant par son ardeur à instruire les égarés.
L'avant- veille, était rentré de Rome à Bethléem le prêtre Vincent. Jérôme s'empresse de communiquer à Théophile les bonnes nouvelles qu'il en rapporte : « La voix de votre Béatitude a retenti comme un tonnerre dans tout l'univers et les venins diaboliques ont cessé d'agir. » Déjà avant même d'y être exhorté, lui-même avait écrit en Occident pour dénoncer les ruses hérétiques. Par un dessein providentiel, la lettre de l'évêque d'Alexandrie est arrivée vers le même temps au pape Anastase, et a confirmé ses assertions. Jérôme sera maintenant plus zélé dans cette œuvre et affrontera sans peur la haine. Si l'évêque a quelque synodique, il la recevra volontiers, pour s'appuyer sur son autorité. Vincent lui a fait connaître comment son intervention a délivré Rome et toute l'Italie. Qu'il écrive donc en toute occasion aux
^ Epist. LXIII, fin 399, ou début 400.
* Epist. LXXXIX, printemps 400, après les événements de Nitrie. La phrase « a nobis Romam navigaturus ", est amphibologique et peut signifier simplement que Théodore a quitté Alexandrie pour Rome, mais aussi et plutôt qu'il y va de la part de Théophile.
évêques d'Occident, pour qu'eux aussi ne cessent, avec leur faulx aiguë, d'amputer les mauvaises plantes ^.
Un peu plus tard encore, de lui-même, Jérôme prend l'initiative d'écrire à Théophile pour le féliciter à nouveau. Ses envoyés Priscus et Eubulus ont parcouru la Palestine et pourchassé jusque dans leurs repaires les basilics. Gloire à l'évêque d'Alexandrie dont les trophées brillent aux regards de tous les peuples ! Il montre bien que sa conduite jusqu'ici n'avait été qu'une attitude de circonstance. On se lamentait sur son trop de patience, mais le bras n'a été longtemps arrêté que pour frapper plus fort. L'ancien adversaire de Jean de Jérusalem intervenait maintenant en sa faveur : si celui-ci a accueilli un exilé, c'est parce que Théophile n'avait rien fait savoir. Il a jugé téméraire de prendre une décision. D'ailleurs Jérôme pense qu'il ne veut ni ne peut d'aucune manière le blesser '^.
Cette correspondance s'échangeait du printemps à l'automne de l'année 400. Les promesses furent tenues. Jérôme traduisit la synodique, et diverses autres pièces, puis expédia ce dossier en Occident, pour fournir d'armes ceux qui luttaient sans trêve contre l'hérésie ^. L'année suivante, Théophile ayant choisi comme sujet de sa lettre pascale les erreurs d'Origène, Jérôme la traduisit et l'envoya aussi à Rome *. C'est encore à cette
1 Epist. LXXXVIII, en réponse à la lettre LXXXVII : « Dispensatione Dei factum est ut, eo in tempore, tu quoque ad papam Anastasium scriberes et nostram, dum ignoras, sententiam roborares.Verum nunc a te commoniti magis studium accommodabimus ut et hic et procul simplices ab errore revocemus nec timeamus odia subire quorumdam... simulque obsecro ut, si qua synodica habes, ad me dirigas... Vincentius presbyter, ante biduum quam hanc epistulam darem, de Urbe venit. »
- Epist. LXXXVI : « Super susceptione cuiusdam non debes contra huius urbis dolere pontificem quia nihil tuis litteris praecepisti et temerarium fuit de eo quod nesciebat ferre sententiam. Tamen reor illum nec audere nec velle te in aliquo laedere. » La phrase ne marque pas beaucoup de chaleur à l'endroit de l'évêque Jean, avec lequel il était reconcilié, mais témoigne de la sincérité de la réconciliation. C'est lui qui protège maintenant l'évêque auprès de Théophile.
^ Epist. XC-XCIV. Cette traduction fut faite, sans doute, sur l'invitation de Théophile (Jérôme, Apol. I, 12 ; PL, XXIII, 406, D) : « Ergo et epistulae papae Theophili et Epiphanii et aliorum episcoporum quas nuper, ipsis iubentibus, transtuli, te petunt, te lacérant. » Cfr ibid., III, 36 (468, C D).
* Lettre XCVI dans la correspondance de saint Jérôme, du début de 401 .
période qu'il faut probablement rapporter la traduction d'un écrit anonyme sur la vision des Séraphins au chapitre VI d'Isaïe, où l'auteur prend violemment à partie Origène et s'efforce de montrer à quel point son exégèse était déraisonnable ^.
Telle est l'atmosphère enfiévrée où vivait Jérôme quand il reçut de ses amis romains et de Paulinien, communication des principaux passages de V Apologie de Rufin. Il lui opposa en hâte une réfutation en deux livres, dédiée à Pammachius et à Marcella 2.
Après quelques plaintes sur l'ignorance où on le tenait du texte exact de V Apologie, il entrait dans le vif du sujet. On lui reproche, dit-il, d'avoir traduit le Periarchon, avec toute sa réalité hétérodoxe, mais c'est justement pour en montrer la maHce, dissimulée par les altérations de Rufin, lequel d'ailleurs n'a modifié que ce qui concerne la Trinité. Alors que les nombreuses traductions de Jérôme n'ont jamais suscité de réclamation, Rufin, dès son premier ouvrage soulève des clameurs ^. C'est qu'il a agi comme Eusèbe revendiquant Origène pour l'arianisme, il a voulu le faire accepter par l'Église en fraude. 'L'Apologie est en effet d'Eusèbe et non de Pamphile, comme le dit Rufin : de l'aveu même de son ami, le martyr n'a jamais rien écrit *. Origène a été condamné par Théophile, par Anastase. Que Rufin renonce donc à son erreur et rende à Eusèbe ce qui lui appartient. Pourquoi par ses louanges a-t-il forcé Jérôme à se désolidariser d'avec lui .'' Il n'avait qu'à traduire, sans parler de lui et il ne serait point intervenu. Mais tout le monde sait que ces prétendues louanges n'étaient qu'une attaque. Blessé, Jérôme se devait de ne pas se laisser achever sans protester. D'ailleurs sa réplique vise ses accusateurs. Si Rufin n'a fait que le louer, de quoi se plaint-il?
^ Tractatus in Esaiam, VI, 1-7, publié par dom Amelli, puis par dom MORIN {Anecdota Maredsolana, t. III, m, p. 103-122). Voir note complémentaire F.
* Apologiae adversus Rufini libros libri duo, ou Contra Rufinum (PL, XXII,397- 456), en 401.
=* JÉRÔME, Apol. 1, 6-7 (PL, XXIII, 401 , B-403, A).
* I, 8-9 (403, A-404, B). C'est une erreur que Jérôme répétera souvent, et encore dans le Dialogue contre les Pélagiens, en 415, préface (PL, XXIII, 497, B).
et pourquoi se croit-il visé ? C'est lui alors que frappent aussi les lettres de Théophile, celles d'Épiphane et des autres évêques que, sur leur ordre, il a traduites, et les rescrits impériaux chassant d'Egypte les origénistes. C'est Jérôme qui est cause de tout cela et encore de l'aversion si marquée du pontife romain ^. Il avait pris soin de l'épargner dans l'écrit public et de lui écrire une lettre de reproche particulière, mais ses amis l'ont gardée pour eux, parce que Rufin et ses sectateurs colportaient sur son compte des bruits indignes du nom chrétien. Il lui en envoie un exemplaire 2.
Rufin plaisante sur son maître en hébreu Barabbas, qui est en réalité Baranina, mais il fait tant de confusions ! Eusèbe pour Pamphile, un hérétique pour un martyr ! Jérôme sans doute deviendra aussi quelque jour, avec ce Caton, un Sardanapale. Il n'a pas compris que là Jérôme parlait non de tous ses maîtres, — comment aurait-il omis Grégoire de Nazianze ? — mais de ceux qui étaient répréhensibles et seulement pour autoriser, par le témoignage d'un juif, ce qu'il disait de la langue hébraïque. Ainsi ont agi avant lai Origène, Clément, Eusèbe ^, Il paraît que la lettre de Théophile a éclairé Rufin et qu'il n'a pu entendre sans frémir les erreurs d 'Origène qu'il ne connaissait pas encore, même après avoir traduit le Periarchon ! Pourquoi Jérôme, qui a traduit les homélies, ne les aurait-il pas ignorées de même ? Si Rufin les connaissait, pourquoi lui reproche-t-il la faute où luimême est tombé * ?
Quant au commentaire sur l'épître auxÉphésiens, Jérôme n'a pu se contredire à ce point, y louer et condamner à la fois la même doctrine. Comment le croire un sot, quand Rufin commence par
* I, 14 (408, A C). Il résulte de la réponse de Rufin que c'était un faux bruit. Il ignorait ce qui se passait en Orient. Jérôme l'accuse de lui imputer une fausseté à ce propos, mais en fait Rufin vise ce passage ; cfr Apol. III, 16 (468, C): «Scribis quoque me litteris indicasse quod papa Theophilus expositionem fidei nuper ediderit quae ad vos necdum pervenit... Ego me hoc scripsisse non novi nec istiusmodi unquam litteras direxisse, sed tu idcirco ad incerta descendis... ut certa déclines. »
le représenter comme très disert et très éloquent ? Qu'il le sache donc, l'objet propre des commentaires, qui ont leur règle particulière comme tous les genres littéraires, consiste à rapporter fidèlement les différentes opinions sur le sens d'un passage, afin de mettre le lecteur à même de choisir. Rufin a dû, dans sa jeunesse, lire les commentateurs de Virgile ou de Plaute, Asper, Volcatius, Victorin, Donat. Il est vrai qu'il a dédaigné ces puérilités : on le voit à son style. Qu'il écrive en grec, pour que les Grecs reconnaissent en lui un étranger; s'il veut écrire en latin, qu'il aille d'abord à l'école. On a beau être un Crésus ou un Darius, la littérature ne suit pas la bourse; elle suit le travail et l'effort ^.
Les origénistes se plaignent de ce qu'il a dit sur leur confrérie de mensonge, mais il a indiqué la source : le livre VI des Stromates où Origène approuve la théorie du mensonge utile de Platon 2. On lui reproche une contradiction entre les commentaires sur les Psaumes et sa traduction, à propos du Psaume IP ; mais la diversité répond au but différent de chacun de ces ouvrages. Pourquoi lui refuser la liberté que prend Origène, et Rufin luimême, de faire connaître les diverses manières d'entendre un même mot ^ ? Puisque l'effort principal porte sur le commentaire aux Éphésiens, Jérôme, utilisant les renseignements reçus de son frère Paulinien, sur les passages incriminés, va les examiner les uns après les autres et en rétablir le véritable sens. On verra qu'ils ne disent pas ce qu'on en affirme, ou qu'ils exposent simplement l'idée d'autrui, Jérôme exprimant ailleurs sa propre pensée *,
Cela fait, le reproche d'hérésie rejeté, il est plus libre pour en venir à d'autres accusations moins importantes : on le traite de mauvaise langue, acharné à détracter tous ses prédécesseurs. Qu'on en signale un qu'il a blâmé nommément ou loué fictivement, à l'exemple de Rufin. Pourquoi se donne-t-il comme visé
^ I, 15-17 (408, C-412, A). Ce passage (412 A) est en partie reproduit dans la lettre CXXVII, 10, avec une variante intéressante : Juste pour scorpione.
' I, 19-20 (413, A-414, B). Il n'y a pas de passage correspondant à cette critique dans V Apologie de Rufin.
partout où quelqu'un est attaqué ? C'est donc lui le Calpurnius qui poussait Magnus à lui objecter ses citations d'auteurs profanes, puisqu'il lui reproche son fameux serment fait en songe. Mais il n'a juré que pour l'avenir; il n'a pas promis d'oublier ce qu'il avait appris. S'il a bonne mémoire, cela prouve l'utilité de faire, jeune, de bonnes études, pour la bien meubler. Aujourd'hui encore, bien souvent, en songe, il se revoit petit enfant, s 'amusant à la maison ou plus fréquemment, en classe, orateur novice, débitant un discours devant son maître. Si Rufin avait étudié, lui aussi, il l'éprouverait. N'a-t-il pas appris tout seul le grec et faudra-t-il qu'il boive l'eau du Léthé ? Est-ce que, malgré cela, Rufin n'a pas traduit l'éloquent Grégoire de Nazianze avec une éloquence égale ? D'où lui vient-elle, s'il n'a pas lu en cachette Cicéron, puisque dans sa jeunesse il a si peu goûté à la rhétorique .'' Il veut donc être le seul écrivain ecclésiastique élégant ! Cependant ce sont plutôt les philosophes obscurs qui ont ses préférences. En matière de logique, loin d'être un stoïcien, il est un parfait épicurien; peu lui importe de n'être point compris, Que si, en le lisant, Jérôme pense à Heraclite, il se l'explique, car il fait pour le comprendre les mêmes efforts que Rufin pour composer. Quant au songe, quelle plaisanterie de lui accorder de l'importance ! Comme si on ne rêvait pas des absurdités ! Rufin serait plus sérieux de s'examiner lui-même pour voir s'il a tenu toutes les promesses de son baptême. Qu'il prenne garde aux accusations, par lesquelles il a déshonoré la profession monastique. Il s'en prend à qui a de la défense. Jérôme n'a pas renoué amitié avec lui pour se laisser insulter impunément et il a grand'peine à se retenir ^. Chrysogone, son partisan, lui reproche, paraît-il, son enseignement sur l'efl^et du baptême, par rapport à un premier mariage : qu'il relise sa lettre à Oceanus et le convainque d'erreur. C'est avec un parfait désintéressement qu'il maintient son opinion, laissant à d'autres la liberté de penser autrement et n'ayant aucune ambition ecclésiastique ^.
Le second livre, après cette défense, car Jérôme entend n'at-
1 Apol. I, 30-31 (421, A-424, C).
taquer personne, a pour sujet V Apologie de Rufin au Pape Anastase, qui n'est encore, affirme Jérôme, qu'une attaque déguisée contre lui ^. Après avoir tourné en ridicule les excuses que Rufin met en avant pour ne pas se rendre à Rome et le témoignage d'orthodoxie qu'il se décerne, Jérôme traite de flagrant mensonge l'assertion de Rufin concernant la persécution qu'il aurait subie en Egypte : il en demande les actes ou les témoins ^ ; puis il lui reproche de jouer sur les mots et de ne point répondre franchement aux questions précises sur sa foi. Ainsi pour l'âme du Christ, pour la vérité de la résurrection ; toujours des équivoques; de même pour le sort éternel du démon. On sait comment les origénistes éludent les mots précis et savent affirmer le feu éternel en expliquant qu'il n'est ni du feu ni éternel, Semblablement pour l'origine des âmes, Rufin énumère trois opinions, mais il se dispense de choisir. Il écrit sur la Trinité, mais il ne sait pas ce qui le concerne lui-même et s'embrouille dans sa courte érudition à propos de Tertullien et de Lactance; en revanche il connaît Origène, mais pas assez pour dire ce qu'il en pense. Personne encore, depuis l'origine du monde, n'a donc été éclairé par Dieu sur la question } Pas même lui dans sa prison ^ } Jérôme discute ensuite ses explications au sujet de la traduction du Periarchon, se moquant à la fois de son style et de ses piteuses raisons, Rufin promet de traduire Origène et en fait il le mutile ; il prétend compléter ou rectifier Origène par Origène et en fait il coud du Didyme à de l'Origène et serait bien embarrassé pour montrer dans les autres œuvres le contraire des multiples hérésies que contient le Periarchon, pas même dans les six mille volumes qu'il prétend à tort qu'Epiphane a dit avoir lus ; comme si Origène était un imbécile, et avait l'habitude de se contredire* ! Rufin se réclame des traducteurs d'Origène antérieurs et c'est là qu'il atteint Jérôme : ce n'est pas de traduire qu'on lui fait un reproche, mais de mal choisir l'objet de sa traduction. Ni Hilaire, ni Ambroise, ni Jé-