II, I (425, A) MI, 2-3 (42S,A-426,C
MI,4-io(427, A-433, A).
rôme n'ont été si mal inspirés que d'aller chercher pour leur premier travail, un livre hérétique, en le faisant précéder d'une apologie attribuée à un martyr. Que si Rufin voulait le dénoncer comme hérétique, il fallait le laisser tel quel, comme raisonne justement le pape Anastase, dans la lettre écrite contre lui à Jean de Jérusalem, lettre dont Jérôme transcrit le texte à la suite de son propre ouvrage ^. Rufin prétend ne pas défendre Origène et c'est le moment d'examiner sa fameuse Apologie de Pamphile. Impossible de relever toutes ses fautes de latin, ses mensonges, ses incohérences. Il a d'ailleurs là aussi altéré le texte pour en faire disparaître ce que l'auteur, Eusèbe, y avait mis pour favoriser l'arianisme. Soit Eusèbe, soit Didyme, témoin non suspect, puisque sur la Trinité il est catholique, reconnaissent les erreurs d'Origène et son subordinatianisme !
Comment Rufin le défend-il ? Par sa théorie de l'interpolation, qu'on pourrait appliquer à tous les hérétiques pour les rendre orthodoxes; par des assertions fausses, sur saint Athanase, par exemple, dans sa défense de Denys d'Alexandrie; par des documents tronqués, comme la lettre d'Origène, que Jérôme reproduit tout entière, pour prouver qu'elle n'a pas le sens que lui donne Rufin; par une fausseté sur Hilaire, présenté comme condamné par un synode d'évêques; par une historiette sur Jérôme luimême, au sujet des Apollinaristes falsifiant un passage de saint Athanase; puis en attaquant, comme auteur responsable de ces accusations, saint Epiphane, qui se serait vanté faussement d'avoir lu les six mille ouvrages d'Origène, alors qu'il n'en existe pas le tiers, et qui aurait voulu par là dissimuler ses larcins. Ainsi donc l'érudition d 'Epiphane qui connaît cinq langues sera une arme contre lui ! Nous avons sa lettre où il réfute cette calomnie, au temps où Rufin était encore en Orient. Et après tout cela, Rufin prétend qu'il ne défend pas Origène ! Encore une fois V Apologétique n'est pas de Pamphile. C'est parce que Rufin, en lui prêtant son manuscrit, lui en a imposé, que lui-même dans son De Viris illustrihiis a dit le contraire ^.
^^/)o/. II, 14 (436,3-437, A).
l' « APOLOGIE » DE JEROME 279
Eusèbe de Crémone lui écrit qu'il a trouvé entre les mains des évoques d'Afrique, venus à la cour, une lettre où Jérôme déclare regretter la faute qu'il a commise en traduisant la Bible sur l'hébreu.Beaucoup d'autres, de Rome, lui ont communiqué la même nouvelle, qui l'oblige à un démenti formel. L'auteur d'ailleurs se trahit par son style, c'est le même qui, dans son Apologie, lui reproche d'avoir blâmé les Septante. Avec un pareil système on pourrait lui objecter tous les crimes et c'est heureux qu'on les lui ait épargnés. La belle récompense pour le zèle avec lequel il a corrigé l'édition défectueuse des Septante et les commente aux siens tous les jours, ou les suit en chantant les Psaumes ! Tous ses traités sont tissus de leurs textes. Quelle sottise de vouloir oublier vieux ce qu'il avait étudié enfant ! Toutes ses préfaces témoignent du contraire et il suffit de les transcrire : elles sont claires. C'est ce qu'il fait, en terminant par celle de Daniel, dont il rappelle que l'Église lit le texte dans l'édition de Théodotion. S'il a rapporté l'opinion des Hébreux sur Bel, Suzanne et l'hymne des trois enfants, il a renvoyé à plus tard le soin de leur répondre. D'ailleurs, il n'impose à personne ses livres et il est singulier que Rufin accepte l'œuvre d'un Théodotion, hérétique et judaïsant, et rejette celle d'un pauvre pécheur chrétien. S'il avait bien lu ses préfaces, il y aurait vu l'utilité de sa traduction sur l'hébreu, et sa justification par les illustres exemples de tant de commentateurs, à commencer par le Sauveur» qu'ont imité les Apôtres. Ils suivent les Septante, mais les abandonnent pour l'hébreu, quand il y a discordance. Qu'il montre dans le Nouveau Testament un texte emprunté aux Septante et absent de l'hébreu, comme Jérôme y montre des textes tirés de l'hébreu et absents des Septante, et la cause sera entendue. Que Rufin reçoive donc de sa main ce qu'il se procure à grands frais ailleurs, c'est-à-dire les traductions faites par Aquila, Symmaque, Théodotion ^.