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COMMENTAIRES SUR LES PETITS PROPHETES

première aux Thessaloniciens, où est décrite la résurrection. Il fait connaître diverses opinions, notamment celle de Diodore et d'Origène, renvoyant à plus tard la réponse à d'autres questions. Sisinnius emportait aussi deux nouveaux commentaires sur les petits Prophètes, celui de Zacharie dédié à Exupère et celui de Malachie dédié à ces mêmes Minervius et Alexandre. Les commentaires étaient composés suivant la méthode des précédents : explication du texte hébreu et des Septante confrontés, d'abord au sens littéral, puis au sens typique. Les préfaces indiquent à quelle source puise l'exégète; celle à Zacharie contient en outre un magnifique éloge de la charité et du désintéressement d'Exupère: il mettait en vente jusqu'aux vases sacrés pour secourir les pauvres ^.

II continua ce travail d'exégèse par les commentaires d'Osée, de Joël et d'Amos, dédiés tous les trois à Pammachius. Il y applique ses procédés habituels ^. Dans la préface au livre II d'Amos, c'est comme un fragment d'autobiographie qu'il écrit, en traçant une description réaliste des incommodités de la vieillesse qu'une douloureuse maladie venait d'aggraver pour lui. Il se félicitait pourtant qu'elle lui apportât, avec l'apaisement des passions, la paix intérieure, supérieure à tous les maux d'ici- bas :

« Nombreux sont les biens et les maux qu'apporte la vieillesse. Biens, la délivrance de ces très impudentes maîtresses que sont les voluptés ; elle modère la gourmandise, brise les assauts de la luxure, accroît la sagesse, inspire des desseins plus mûris. Quant à ce qui est considéré comme maux, ce sont de fréquentes infirmités, la pituite bien ennuyeuse,... les yeux qui clignotent, la nourriture qui s'aigrit, la main parfois tremblante, les gencives privées de leurs dents qui tombent au milieu des mets. Avec cela les tortures et les élancements d'estomac, les douleurs de la goutte aux pieds et aux mains, si fréquentes et si lancinantes, telles qu'on ne peut pas tenir en main le stylet ou le calame ni aller et venir. C'est comme une

^ PL, XXV, 141 5- 1542, pour le commentaire sur Zacharie; 1541-1578, pour celui sur Malachie. L'éloge de la préface sur Zacharie est à compléter par la lettre à Agérochia {Epist. CXXIII, 15) et celle à Rusticus {Epist. CXXV, 20). C'est celle-ci qui contient le détail sur les vases sacrés : « Nihil illo ditius qui corpus Domini canistro vimineo, sanguinem portât vitro. "

^PL, XXV, 8 15-946, commentaire sur Osée; 947-988, sur Joël; 989-1096, sur Amos,en4o6.

grande partie de la vie qui semble arrachée et de nombreux membres déjà soumis à la mort. En cet état de choses, à choisir entre les maux, je supporterai plus facilement les maladies pourvu que seulement je ne sois plus aux prises avec cette insupportable maîtresse qu'est la volupté. Sans doute la vieillesse même éprouve quelquefois l'aiguillon des vices et, au dire du saint martyr Cyprien, personne n'est longtemps en sécurité, proche du mal, mais autre chose est être chatouillé, autre être accablé par les voluptés. Là, avec l'apôtre, c'est la jeunesse qui parle, connaissant les nécessités d'un corps dans sa verdeur : Je ne fais pas le bien que f aime et je fais le mal que je hais! Malheureux homme, qui me délivrera de ce corps de mor/.? (Rom. VII, 24). Ici c'est rarement, qu'entre des cendres mortes une étincelle scintillant s'efforce de revivre, sans pouvoir provoquer d'incendie. C'est pourquoi, mon cher Pammachius, dont la tête est chenue comme la mienne, demande pour moi au Seigneur que je mérite d'avoir la sagesse pour compagne, celle dont il est écrit : Aime-la et elle te sauvera, honore-la et elle f embrassera (Prov. IV, 8) »

De la même année encore, probablement, est une lettre à un riche personnage du nom de Julien, peut-être un compatriote, victime à plusieurs reprises de l'adversité. Il avait perdu sa femme et ses deux filles, puis une incursion barbare avait ruiné une grande partie de ses biens. Jérôme le console par l'exemple du saint homme Job et l'invite à marcher sur les traces de Pammachius et de Paulin, en renonçant entièrement au monde, sans se contenter de subvenir par ses aumônes aux nécessités des moines disséminés à travers les îles de la Dalmatie. C'était le frère même de Julien, un jeune officier, Ausonius, qui rapportait cette réponse ^.

L'année suivante, du fond des Gaules, vint le visiter un moine Apodemius, chargé de missives envoyées à Jérôme de la région bordelaise. Il y avait, en particulier, un petit mémoire d'une noble dame Hédybia, qui comptait, parmi ses proches aïeux, deux littérateurs célèbres, Patera professeur de rhétorique à Rome sous Constantin, et Delphidius dont la renommée littéraire remplissait la Gaule quand Jérôme était encore enfant ^. Elle lui posait

* Epist. CXVIII : postérieure à la conversion monastique de saint Paulin de Noie et de Pammachius. Vallarsi la rapporte à cette année 406, à cause des allusions aux incursions barbares, où il voit visée celle de Rhadagaise en 405.

* Epist. CXX, préface : « Maiores tui Patera atque Delphidius, quorum alter antequam ego nascerer, rhetoricam Romac docuit, alter me iam adulescentulo,

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