LA DATE DE NAISSANCE
errasse in adulescentia et philosophorum id est gentilium studiis eruditum in principio fidei ignorasse dogmata christiana » (il vise les années 380-382). — n) Ibid.,\\l,^o (487, A) : « In quo igitur erravi si adulescens dixi me ea... » — o) Ibid.^ II, 23 (447, A) : « Unde et in adulescentia homilias tantum eius quas loquebatur ad populum... transtuli. » — p) Epist. CXX, préface : « Maiores tui Patera atque Delphidius, quorum alter antequam ego nascerer rhetoricam Romae docuit, alter me iam adulescentulo omnes Gallias prosa versuque suo illustravit ingenio. » — q) Epist. CXXVII, 13 : « Ne sustineret adulescentia (Principia) quod senilis aetas timere non poterat. » — r) In version. Danielis (PL, XXVIII, 1291, C) : « Denique et ego adulescentulus, post Quintiliani et Tullii lectionem... cum me in linguae huius pistrinum reclusissem » (étude de l'hébreu en 375-377, au désert).
— s) Comm. in Ezech. XLIV, 3 (PL, XXV, 430, C) : « Super qua quaestiuncula, Romae, adversus Helvidium, illius temporis haereticum, in adulescentia, non grandem librum scripsisse me novi » (383). — t) Epist. CXXXIII, 12 : « Multi anni sunt quod ab adulescentia usque ad hanc aetatem diversa scripsi opuscula semperque habui studium, etc. »
4. luvENis. — a) Epist. LXXVII, 9 : « Librum quo Heliodorum quondam iuvenis ad heremum cohortatus sum » (en 376).
— b) Epist. LXXXIV, 3 : « Dum essem iuvenis miro discendi ferebar ardore... Apollinarem Laodicenum audivi Antiochiae fréquenter et colui » (374-379). — c) Apol. III, 9 (PL, XXIII, 404, B) : « Erravimus iuvenes, emendemur senes... in iuvenili aetate laudavi... cano scripseris capite. »
5. Senex. — a) Epist. VII, 2 : « Aut barbarus sermo seni discendus est» (375-377). — b) Vita Malchi, 10 (PL, XXIII, 60, A): « Haec ego vobis narravi senex » (387 }). — c) Epist. LXXXIV, 3 ; « Iam canis spargebatur caput (en 386)... perrexi tamen Alexandriam, audivi Didymum. » — d) Epist. LX, i : « Reliquit senes » (en 396). — e) Apol. I, 30 (PL, XXIII, 422, A) : « Nunc cano et recalvo capite » (401). — f) Epist. CVII, 13 : « Balbutientia senex verba formabo » (en 401-402). — g) Apol. III, 3 (459, B) : « Qui
de sene senex tanta confingis » (402). — h) Ibid., III, 9 (464, B) : « Duos senes inter se propter haereticos digladiari. » — i) Epist. CV, 5: «Provocas senem» (en 403). — k) Epist. CXII, 22: « Ut quietum senem olimque veteranum militare non cogas... » (403). — 1) Comtn. in Amos, II, préface (PL, XXV, 1021-1023) : inconvénients et avantages de la senectus. « Quamobrem, Pammachijcawo mecum iam capite » (en 406). — m) Epist. CXXVIII, 5 : «Post neces amicorum iuctumque perpetuum infanti senex longo postliminio scriberem » (en 413).
Si l'on appliquait à ces textes la chronologie de Prosper, il s'ensuivrait que, au temps de ses études de grammaire, à la mort de Julien l'Apostat, quand Jérôme se qualifie tout naturellement de puer et d'adulescentultis, il aurait eu déjà environ trente-deux ans {331-363). De même pour son voyage sur les bords du Rhin, qui ipeut se placer approximativement en 366-370, il aurait, selon Prosper, de trente-cinq à quarante ans. Or, là encore, il se qualifie A'adulescentulus. C'est le même terme qu'il emploie ou ceux à peu près synonymes, en plus faible ou en plus fort, de paene puer, Puerilis, adulescens, in adulescentia, iuvenis, lorsqu'il est question du séjour au désert, en 375-377, à un moment où, d'après Prosper, il aurait de quarante-quatre à quarante-six ans. Le même terme d' adulescens revient non seulement pour le séjour à Constantinople, en 379-381 , mais pour celui de Rome (382-385) rCt même pour la vie à Bethléem, lors des premières traductions sur l'hébreu (388-392). A ces diverses périodes ^, Jérôme aurait eu respectivement de quarante-huit à cinquante, de cinquante et un à cinquante-cinq et jusqu'à soixante ans. Il est vrai qu'à cette «dernière date et même pour le désert, il se qualifie aussi de senex ^.
^ Sous Constance (337-361) : infantia (i : a, b) ; — études à Rome (363) : par- :vulus (2 : d), puer (2 : c, e, g, k, 1), adulescentulus (3 : c, i) ; — séjour sur le Rhin ■et à Trêves : adulescentulus (3 : d) ; — au désert (374-377) : puerilis (3 : h), paene puer (3 : e), adulescentulus (3 : b, r), adulescens (3 : e), in adulescentia (3 : h), iuvenis (3 : h; 4 : a, b); — à Constantinople (379-382) : in adulescentia (3 : m, o, t); — à Rome (382-385) : adulescens (3 : n), in adulescentia (3:5).
^ Supra, s : b, a. Ainsi le premier emploi de senex se retrouverait dès 375-376, .si l'on adopte une conjecture très vraisemblable de l'édition de Hilberg, mais idans un sens tout à fait relatif et familier qui ne comporte aucune conclusion -■Wr l'âge. réel.
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Cela prouve que, contrairement à ce que croit Vallarsi i, loin de s'en tenir rigoureusement au comput pythagoricien dans l'emploi des noms désignant les âges, Jérôme use d'une certaine liberté. Il résulte cependant de ces constatations l'impossibilité morale d'admettre que Jérôme apprît encore la grammaire à trente ans passés, et qu'il songeât à se qualifier d'adulescens en rappelant une période où il aurait déjà franchi le cap de la cinquantaine. De même la naissance de la sœur de Jérôme se plaçant vers 361 (supra, 2 '■ a) et celle de son frère vers 364 (il avait trente ans environ en 29i; supra, 2 : f), il y aurait, avec la chronologie de Prosper, 30 et 33 ans de différence entre Jérôme et les deux autres enfants nés des mêmes parents (Epist. LXVI, 14 : « parentum communium »).
Ces considérations s'imposent avec plus de force si l'on ajoute que, de l'aveu même de Jérôme, loin d'avoir été mis tardivement aux études, il y fut appliqué presque dès le berceau : «In latino paene ab ipsis incunabulis inter grammaticos et rhetores et philosophos detriti sumus^.» On ne risquera donc guère de se tromper en adoptant pour lui le cycle ordinaire de l'éducation Hbérale. C'est, en effet, l'une des matières où les usages imposent une certaine uniformité et où l'écart possible n'est guère que de quelques mois, d'un ou deux ans tout au plus. L'éducation d'alors, on le sait ^, comprenait une période d'instruction élémentaire pendant laquelle l'enfant apprenait à lire, à écrire et à compter. De douze à seize ans, il était confié au grammairien qui l'initiait à l'étude théorique de la langue, mais surtout lui faisait lire, en les commentant lui-même, les historiens et les poètes. A partir de seize ans jusqu'à vingt, l'étudiant fréquentait les cours du rhéteur et du maître de philosophie. Tel était le cycle normal des études. Sa durée est confirmée par une loi de Valentinien, pubUée au temps même où, vraisemblablement, Jérôme venait
^ Vita sancti Hieron. II, 2 (PL, XXII, 9).
^ In lob ex Hebraeo, préface (PL, XXVIII, 1082, B); cfr supra, 2, d : parvuli.
' Cfr Daremberh et Saolio, Dict. des Antiquités, au mot Educatio, t. II, p. 483 : «L'enfant entré vers sept ans à l'école primaire venait aux environs de douze à treize ans chez le grammairien. Il faisait partie des iuvenes à seize ans, quand il en sortait pour passer à 1 école du rhéteur. »
de finir ses études. S'il avait encore été sur les bancs, elle l'aurait inexorablement atteint. C'est la loi de 370, interdisant aux étudiants étrangers à Rome d'y prolonger leur séjour pour leur éducation au delà de leur vingtième année, sous peine d'expulsion ^.
11 est bien évident que cette mesure supposait qu'à cet âge le cours régulier des études était achevé. On peut donc, en toute sécurité, partir de ces présupposés pour déterminer la chronologie des premières années de Jérôme et, par suite, la date de sa naissance.
Un texte sur Julien l'Apostat offre ainsi une base solide d'argumentation : « Dum adhuc essem puer et in grammaticae ludo exercerer... ac subito in ipso persecutionis ardore Iuliani nuntiatus esset interitus^.» Jérôme, en juin 363, était encore élève de grammaire et n'avait donc pas atteint sa seizième année. Ce texte est corroboré par les passages où il est question de Victorinus, que Jérôme connut à Rome en même temps que le grammairien Donat. A la différence de ce dernier, il ne le revendique jamais comme son maître. C'est que, en vertu de la loi de Julien interdisant aux professeurs chrétiens d'expliquer les auteurs profanes, Victorinus avait dû abandonner sa chaire de rhétorique dès l'année 362, quelques mois avant la mort de Julien, Or, Jérôme abordait au plus tôt les études de rhétorique à l'automne de 363, ainsi qu'il ressort du texte qui vient d'être cité. Grâce à cette date ferme, on peut établir la chronologie suivante: Jérôme commence ses études de grammaire dans la capitale vers 359, sous Constance, à douze ans. Après les quatre années usuelles (359-363) il étudie la rhétorique et la philosophie (363-367). C'est au cours de cette dernière étape qu'il demande et reçoit le baptême, aux environs de sa vingtième année. On obtient ainsi l'année 347 comme date très vraisemblable et la plus satisfaisante pour sa naissance. On peut descendre encore., si l'on suppose que l'année
^ Loi du 12 mars 370 {Codex Theodos. XIV, 9, i ; édit. Mommsen et Meyer, t. I, p. 786) : « Quicumque ad Urbem discendi cupiditate veniunt... His sane qui sedulo operam professionibus navant, usque ad vicesimum aetatis suae annum, Romae liceat commorari. Post id vero tempus qui neglexerit sponte remeare, soUicitudine praefecturae, etiam impurius ad patriam revertatiir.»
* In Habacuc, III, 14 (PL, XXV, 1329, A), vers 392, avant le De Viris.