LIVRE IV. m
éclairs d'éloquence Im plus obscures ^seussions de l'axégèife et du dogme.
Cette partie de la réponse ne pouvait soulever aucune critique, mais on attendait à la question d<| mariage (e réformateur rigide, l'importateur passionné des idées cénobitiques. iérôme l'aborda de frant, comme il faisAit toujours de tout. Suivant lui , le ma^ riage était de l'ancienne loi, la virginité de la nouvelle. L'ancienne loi, qui avait dit : « Croissez et multipliei \ » qui promettait à Abraham une descen^ dance plus nombreuse que les étoiles du ciel et les sables de la mer, qui enfin lançait cet anathème par la bouche d'un prophète : « Malheur à la femme stérile, parce qu'elle ne laissera pas de postérité dans Israël! » l'ancienne loi tendait au progrès matériel du peuple dei Dieu, la nouvelle tend à son progrès spirituel. C'est la nouvelle qui a dit, par la bouche de l'apôtre, vase d'élection : « Celui qui n'est pas marié pense aux choses de Dieu ; celui qui est marié pense h sa femme et aux choses qui sont du moiïde. La femme non mariée et la vierge pensent aux choses qui sont de Dieu, afin d'être saintes de corps et saintes d'esprit. » La distinction établie par ces paroles entre la foi^me et la vierge est nette et bien tranchée : ches la viçrge le sexe 3'efface, elle en perd jusqu'au npnfl. Son nom est celui^rci : « sainte de corps et sainte d'afkprit, » suinte d'esprit assurément, car, qu'Jrpporter&it que le* corps fut pur, si le cœur était souillé*?
1 . Divisa e»t^ Mulier et Vîrgo. Vide quant» felicîtatis sit, quae et no-
11 développait ainsi cette doctrine :
P « Oui, celle qui est mariée pense aux choses du monde, elle veut plaire à son mari ; celle qui ne Test pas veut plaire à Dieu. Croit-on en vérité que ce soit la même chose pour une chrétienne de dompter son corps par le jeûne, de s'humilier jour et nuit dans la prière aux pieds de Dieu, ou de se fabriquer un visage en attendant un homme, de s'étudier à une démarche molle, à des attitudes voluptueuses, d'affecter des airs caressants * ? La première fait tout pour paraître moins belle et voiler des grâces qu'elle méprise, voilà son fard; la seconde se fait peindre devant un miroir, et, au mépris de son créateur, elle veut être plus belle que Dieu ne r,a voulu. Telles sont les conséquences du mariage. Puis ce sont des enfants qui crient, une famille qui tapage, des marmots qui vous barbouillent de baisers et se pendent à votre cou , au risque de vous étrangler*.
« Ce sont aussi des dépenses sans fin. On passe son temps à faire des comptes, et il faut avoir la bourse toujours ouverte. Je vois ici la troupe des cuisiniers qui, le vêtement retroussé comme des soldats en cam-
men sexus amiserit : virgo, jam mulier non vocatur. Qu© non est nupta, cogitât qu8B sunt Domini, ut sit sancta corpore [et spiritu. Virginis definitio, sanctam esse corpore et spiritu, quia nihil prosit carnem habere virginem, si* mente quis nupserit... Hieron., adv. Helvid.^p, 142.
1. Idem tu putasesse, diebus et noctibus vacare orationi, vacare jejuniis, et ad adventum mariti expolire faciem, gressum frangere,^simulare blanditias? Hieron., ibid,
'2. Inde infantes garriunt, familia perstrepit, liberi ab osculis et ab re dépendent, computantur sumptus, impendia prœparantur. Hieron., ibid.