‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 116 sur 255 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

pagne, hachent et pétrissent les viandes ; là-bas c'est le camp des fileuses, où l'on babille à vous assourdir les oreilles ^ Tout à coup on annonce l'arrivée de l'époux suivi de ses amis. La femme alors parcourt, comme une hirondelle, tous les recoins de la maison ; elle examine si le lit est bien fait , si le pavé est proprement balayé, si les coupes du festin sont ornées de fleurs, si le dîner s'apprête \ Répondez-moi, je vous prie , qu'y a-t-il dans tout cela qui soit une pensée à Dieu? Et ces maisons-là seraient heureuses! Non, non ; la crainte de Dieu est absente là où le tambour bat, où la flûte siffle, où la lyre fredonne, où la cymbale éclate. Le parasita met sa gloire à braver l'honnêteté pour divertir celui qui le convie. Les victimes publiques de la débauche ont aussi leur place dans les festins : elles y apparaissent presque nues, sous des vêtements qui n'en sont pas, et s'étalent honteusement à des regards impudiques \ Quel parti prendra la malheureuse épouse au milieu de ces orgies? Elle n'en a que deux à choisir : se complaire dans une pareille vie et y périr, ou bien s'en offenser et mettre la discorde dans son ménage. Après ia guerre intestine viendra le divorce *. Et s'il existe une maison exempte de ces

1. Hinc cocorum accincta manus carnes terit, hinc textricum turba commurmurat. Hieron., adv, Helvid,^ p. 142.

2. nia, ad hirundinis modum, lustrât universa penetralia, si thorus rigeat, si pavimenta verrerint, si ornata sint pocula, si prandium prœparatum. Hieron., ibid,

3. Ingrediuntur expositœ libidinum victimas , et tenuitate vestium, nudae impudicis oculisingeruntur. Hieron., adv, Helvid,., p. 143.

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