‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 162 sur 255 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

laquelle, suivant la tradition, Jésus avait été flagellé : on y montrait même des gouttes de sang*.

Descendirent-ils de Sion pour remonter à Moria et visiter, après la cité de David, celle de Salomon et les ruines du temple? On peut le supposer, quoique Jérôme n'en parle point, car c'était la tournée habituelle et en quelque sorte obligée des pèlerins. Ils purent alors contempler ces ruines recouvrant des ruines, et les deux statues d'Adrien dominant le saint des saints, comme le génie de la profanation. Les guides faisaient remarquer, à un endroit situé entre l'autel et le parvis, le sang du prêtre Zachàrie, resté vermeil, dit V Itinéraire de Bordeaux^ comme s'il eût été versé le jour même \ On montrait aussi une grande pierre percée que les Juifs venaient oindre chaque année, et sur laquelle ils se lamentaient et déchiraient leurs vêtements, droit qu'ils achetaient fort cher des magistrats de la ville ^ Entre autres curiosités recherchées des étrangers, on leur faisait visiter, dans les soubassements de l'ancien temple, une prison souterraine où Salomon renfermait les démons, et les torturait pour les rendre plus souples à sa volonté*. Cette croyance

1. Ostendebatur illi columna ecclesiœ porticum sustinens, infecta cruore Domini, ad quam vinctus dicitur flagellatus. Hieroo., Ep, 86, p. 674. — Columna adhuc ibi est, in qua Ghristum flagellis ceciderunt. Itin, Hierosol.

2. In marmore ante aram sanguinem Zachariœ... Ibi dicas hodie fusum. Ibid,

3. Est et non longe de statuis (Hadriani) lapis pertusus, ad quem veniunt Judsei singulis annis et unguent eum, et lamentant se cum gemitu, et vestimenta sua scindunt, et sic recedunt. Ibid,

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