Est ibi et crypta, ubi Salomon dsemones torquebat. Ibid
superstitieuse, en pleine vigueur au quatrième siècle, existait déjà au premier, d'après le témoignage de l'historieft Josèphe. Les contes orientaux, sur la magie du plus sage des rois, avaient commencé de bonne heure.
Bethléem et la crèche les appelaient, — le mystère de la nativité api'ès ceux de la mort et de la résurrection. Ils voulaient aussi , une fois au midi de Jérusalem, dans l'ancien royaume de Juda, en parcourir les lieux les plus renommés. C'était un voyage long et pénible, qui exigeait des préparatifs sérieux; la petite caravane se réorganisa donc, et sortit de la ville, nous pouvons le supposer, dans le même attirail qu'elle y était entrée.
Sa première balte ftrt à un mille et demi d'^Elia, aïi tombeau de Rachel, situé un peu à droite du chemiu de Bethléem ^ C'est là queTépouse infortunée de Jacob avait quitté la vie en la donnant à son dernierné, cet enfant qu'elle nomma Bénoniy « le fils de ma douleur, ^ mais qiie le père^ dans un élan de sainte confiance en Dieu, voulut appeler Benjamiriy « Tenfant de ma droite \ » Il y eut là sans doute, pour la mère
1. Ab Hjerusalem euntibus Bethléem millia quatuor suiperstra^a, in parts dextra, est monumentum ubi Bachel posita est, iacob uxor . ittn.. BierosoL — In dextra parte itiiieris. Hieron., Ep, %ùy p. (>74
2. In quo mater Benjamin^ non ut vo«%vtiat moriefi^^ B§nani^ hoc est,
LITRE V. 'Sm
si durement éprouvée, un motioefit de retour eniel vers le passé : Jérôme nous la peint debout et sileaeieusei devant cette tombe qui pouvait répondre à tant de soi>venirs\ Après quelques instants d'arrêt^ donnés à> cette muette douleur, Paula reprit sa route, et ilô aiiivèrent à Bethléem.
La patrie de David, autrefois ville florissante, n'é* tait plus alors qu'un gros village % placé sur k pente d'une colline dont le sommet et le revers opposé avaient été jadis couverts de bois. Ces bois étaient entrecoêlés^ de cavernes qui, suivant un usage général en Orient,, servaient d'étables aux habitants pour leur bétail, et de retraite, ôoit aux bergers des environs, soit aux voyageurs attardés. Ce fut dauis la plus spacieuse de< ces grottes que, durant la nuit qui ouvrit pour le monde l'ère du salut, Joseph et Marie se réfugièrent, ne trouvant pas d'hôtellerie dans la ville, et que naquit le Rédempteur, La caverne de Bethléem resta pour lesi chrétiens, dès les premiers temps de la prédication évaagélique, un objet de vénération et de pieuse^t visites, jusqu'à ce que l'empereur savant en profanations, Adrien, consacrât les bois et la caverne aux mystères d'Adonis \ La grotte qui avait vu naître te
filfm» éfslotns' mei i sed ttt pater i»oplMtizavi« in s^iïtlc^ fUium dsoBkn» pvo»cpeavit. Hieron., Ep, 86, p. 574.
i. Stetit in sepulchrum Rachel. Hieron., Ibid,
2. Betàleem vkulus... Christ! villiria. Paol» et EustoehiiL Efist. ad Mmcc, ap. HieroQ., p. 552, et passim.
3^ Ab Bteidriani temporibus usqiie ad imperium Goastaotiai, per aoaiM» eireiter e<Hitiun octogUta, Bethléem Banc Bostaram, et augufitisâiiniMB) ov^ bis. loettaiv lucus inumbrabat Thamusv ià eat, Moai^s ; et io. specu,. ubfe
Dieu de pureté devint alors le sanctuaire d'un des cultes les plus impurs du paganisme. Il arriva pour la crèche ce qui s'était passé pour le Calvaire : Constantin purifia ce qu'Adrien avait souillé, et Timpératrice Hélène, rendant au culte chrétien la grotte de la nativité, comme elle lui avait rendu celle de la mortS fit construire au-dessus une église , qui rivalisa de magnificence, sinon de grandeur, avec la basilique de Jérusalem*. Suivant le procédé déjà employé pour cette dernière, la grotte servit de crypte à l'église de Bethléem, un escalier tournant y conduisit de chaque côté de l'autel, et elle fut mise en communication avec les cavités environnantes, par des corridors pratiqués dans le roc. C'est à cette crypte que couraient d'abord les pèlerins; Jérôme, Paula, Eustochiuum, tous enfin furent bientôt en prière devant la crèche.
Peindre ici, d'après le témoin oculaire qui nous les transmet, les émotions de notre héroïne, comme je l'ai déjà fait à propos du saint-sépulcre, c'est encore écrire une page d'histoire ; ces naïves manifestations du cœur
quondam Ghristus parvulus vagiit, Veneris amasius plaugebatur. Hieron., Ep. 49, p. 564.
1. Speluncam illam in qua Servator noster divinam prsesentiam suam primum exhibuit, et in carne nasci sustinuit, Imperator convenienti honore afifecit... hsec loca magnifico cultu exornans, siinul nomen matris suœ, cujus opéra ac ministerio tantum bonum humano generi procurabatur, ad seternam posterorum memoriam conservavit. Euseb., De vit Constant,
2. Dei amantissima Augusta, Deiparse virginis partum eximiis monumentis ornavit, sacram illam speluncam omni cultus génère illustrans. Nec multo post, Imperator eamdem Domini Nativitatem regalibus donariis honoravit... matris suœ cumulans magnificentiam. Euseb.,. De vit, Cons^ tant,^ III, 43. — Ibi basilica facta est jussu Constantini. Itin, Hierosol,