‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 174 sur 255 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

osé mettre en doute cette vertu surnaturelle sans être traité de blasphémateur et d'incrédule. Aussi voyait-on les possédés, ou ceux qu'on croyait tels, accourir ou être amenés, de toutes les parties de la Judée, à Samarie pour y trouver leur guérison. Lorsqu' arrivèrent nos voyageurs, un grand nombre de. ces malheureux se trouvaient réunis autour du sépulcre, attendant le moment de paraître devant le saint et d'invoquer sa puissance. ,11 se passait là des choses capables de glacer de terreur les plus fortes âmes. On n'entendait que gémissements et soupirs, cris inarticulés et sauvages; on ne voyait que contorsions et grincements de dents, signes auxquels le démon était censé manifester, dans le corps de ses victimes, ses propres tortures et sa fureur. « Quelle ne fut pas la surprise de Paula, nous dit Jérôme, quelle ne fut pas son épouvante, lorsque retentirent les rugissements de l'esprit de ténèbre^, et qu'elle entendit des hommes hurler comme des loups, aboyer comme des chiens, frémir comme des lions, siffler comme des serpents,'mugir comme des taureaux ! Les uns faisaient pirouetter leurs têtes avec la volubilité d'une roue; d'autres la courbaient en arrière jusqu'à ce que leurs cheveux balayassent la poussière du sol. Des femmes restaient suspendues en l'air par un pied, les vêtements rabattus sur le visage*. L'aspect

1. Ubi multis intremuit consternata mirabilibus : namque cernébat variis demones rugire cruciatibus, et ante sepulcra Sanctorum ululare homines more lupoYum, yocibus latrare canum, fremere leonum, sibilare / serpentum, mugire taurorum ; alios rotare caput, et post tergum terram veitice tangere, suspensisque pede feminis, vestes defluere ad faciem. Hieron., Ep., 86, p. 677.

^1È SAI^fT JÉflOME.

de ces âffreiisesi miàèfesJ.éniut à ce point Patila qu'elle se mit k foridrë ëil lartnes : elle pleurait et pi-lstlt en mêthetéhfipâ*. u UHe visite m tombeau d'ÉHsêô TènlevSL à ceâ tristes impressions^ Elle voulut aii^si gravir à pied la Hiontagne • où ô'étaierit cachée , âà,ni deux grahdes cavernes, les cent {îrôphètéJj fidèles, que Jéia-* bel poursuivait, et qu'Abdias nourrit 6t saliva.

La daravane avait hâte de quittëf- cet épouvantable Iléu; elle t-eprît son Voyage Vers le Vallon balrtlë et fleuri de Nazareth, « la hbiit-ricièrë du Christ %• « ôômrtlë dièàit Jérôme. Le savant Dalmatë expliqua peut-être à ses compagnons , bhetnin faisant , ce qUe ndus liSofts dans ses livres, à savoir que le nom de Nazaréen avait passé primitivement de JésUè à ses disciples et aux fidèles, qui è'en 'faisaient gloire, aVant d'avoir adopté celui de chrétien ; mais que les Juifs et les païens dorttiriuaiènt à Ife leur appliquer par dérision et par injiire. Qiielles curiosités eurënt-ils à Visiter dans cette bôutgadë célèbre? Le réèit ne le dit pas; il ne parle eh aucune façon d'un oratoire dé la Vierge, qu'on Voit fleurer plus tard p*l^mi le^ ttlonUltients chrétiens et se trànsforhiër en église ; Vftinérâirè de Bordeûiioô à Jérusalem h'en fait pas non plus mention. Quoi qu'il en soit, les voyageurs demeurèrent peu dé temps à Naza-

1. Miserabatur omnium, et per singulos effusis lacrymis, Christi derfi«ntittm d^prefcabatuf. Htëron., Ep, 86^ p. 677*

1, Sicut 6rat in^alldi, ascendit pedibûs montem : in ovtjus iduabus spëlùttcis, persecatioftis et fttmls tempoi-e, Abdias prophcfe centum jnrophetsis alUit PA116 «t aqua. HierOiiM i^id.

3. Ih^fe citô Itihere pefcucurrit Nilwiteth, fiutHcttftm DomiAi. Htcron., ihid.

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