‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 181 sur 255 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

préiMixHi (d^ TAncien 'fegtaroânt, Coupiint ajq^i la t)3U$ae Egypte m trwers, d'un brag ^ J'autr^ du NiU no^ voyageui's i^rri^èrent enfiqi à sa boucha o<^ide^taie, 6t sfiluèrent de leurs acclaroations la ville de Nô^ Sous ce nom d'une antique bourgade ph^^aonique^ Nq TiéUàt pas moins que la grande Alexandrie, jmtvQT pôle de toute l'Egypte et une des capitales du monde romain *• Ce ne fut pourtant point l'admirable beauté de 3on port qui les intéressa )e plus, ni le souvenir 4^ conquérant macédonien, ni celui de Pompée, de César, de Cléopâtre, dont les avenUires se lisaient en mêm^ temps que leurs .noms, sur tous les monuments de la ville : sans être indifférent aux choses de l'b^tQire^ Jéronjie avait un but plus précis. Alexandrie renfermât alor« daia3 ses murs un docteur chrétien diont ij ne coQr naissait que quelques ouvrages, mais dont il avait entendu parler par ses naaîtres d'Antioche, de Laor dicée, de Constantinx)pie, conune d'un rival d'Athamse çt d'un philosophe digne d'être placé assez près d'Origêna. Ce graad docteur se nommât Pidyxn^, nom à présent bien inconnu : il était aveugle. Rien n'est plus 4Jgne peut-être des sympathies (J.e l'historien que ces gloires éphémères d'un siècle, ignorées des autres, et mortes avec le sentiment qui Jes avait produites, mais qui ont, à un certain monaent, illustré leur pfliys et enthousiasmé les contenaporains, Di/Jyme? àoe prix, mérite une mention particulière dans nos récits.

1. Ucbem ^ iqxm ^«stea if^roa est in AtleooMMiriAni. fii«mp., Epi êê, p. 677.

Il était Égyptien, né de parents chrétiens et chrétien lui-même. Un affreux malheur l'avait frappé dans sa première enfance : il n'avait pas encore cinq ans, et commençait à peine à connaître ses lettres, quand un mal soudain lui enleva complètement la vue. Le magnanime enfant ne se rebula point : il acheva d'apprendre à lire au moyen de caractères mobiles qui lui servaient à composer des mots et des phrases*. Il sut bientôt, ce que les clairvoyants pouvaient sa'voir, et bien plus qu'ils ne savaient : l'étude était devenue la seule condition de sa vie. Assidu aux leçons des professeurs les plus célèbres, il étudia tout, grammaire, rhétorique, poésie, philosophie, mathématiques et jusqu'à la musique, qui faisait alors partie de cette dernière science*. Nul n'interprétait mieux Platon, nul ne parlait si bien d'Aristote ^ Ce qu'on citait surtout comme une merveille, c'est qu'étant aveugle, il sût résoudre les problèmes les plus compliqués de la géométrie, sur des figures qu'il n'avait jamais vues. Dans la science sacrée, ses prodiges surpassaient tout cela.

1. Âdmodum adolescens, quum jam prima litterarum elementa didicisset, in morbum oculorum incidit. Socr., ly, 25.

2. Fertur autem litterarum formas in tabula altius incisas, digitis solum contractando didicisse: syllabas item et nomina,ac reliqua deinceps, sola mentis comprebensione, et assidua auditione, rerumque quas audiverat recordatione, percepisse. Sozom., m, 15.

3. Quippe et grammatic» praecepta facile addicit, et rbetoricte multo adbuc celerius. Inde ad philosophiam transgressas, admirabili facilitate dialecticam, arithmeticam et musicam perdidicit, et reliquas philosophorum disciplinas. Socr., iv, 25. — Didymus vero, cum a puero luminibus orbatus fuisset, poeticam nihilominus ac rhetoricam artem didicit; aritbmeticam prseterea ac geometriam et astronomiam. Tbeodoret., iv, 29. — Sozom., m, 15.

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