‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 180 sur 255 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

frontière des Iduméens et des Coréens infestée par les Arabes. Le seul désagrément de leur route fut la fatigue causée par ces sables mobiles, qui se dérobaient sous le pied des montures, et où s'eflfaçaient en un clin d'œiil les vestiges des hommes *. Cheminant au plus près possible de la mer, ils tournèrent le cap et les lacs de Casius, et se trouvèrent bientôt en face du fleuve Sior, près de son embouchure pélusiaque. C'est par ce nom de Sior, qui signifiait le bourbeux ^ le troublé* , que les anciens Hébreux désignaient ou ce bras du Nil ou le iNil tout entier, et nos érudits voyageurs se gardèrent bien de lui en appliquer un autre, par respect pour la science. Péluse, qui n'avait point de souvenirs bibliques, ne les retint pas ; ils coururent au contraire à Tanis chercher dans les roseaux du fleuve la trace du berceau de Moïse, et dans la terre de Gessen les pas des Israélites fugitifs '. Chemin faisant, Jérôme observa que les cinq villes égyptiennes qu'il traversait parlaient la langue chananéenne^. Il remarqua aussi que le Nil , à ses sept embouchures, était si faible qu'on pouvait presque le franchir à pied sec\ « Com-

1. Per arenas mollissiinas, pergentium vestigia subtrahentes, latamque eremi vastitatem... Hieron., Ep. 86, p. 677.

2. Veniam ad EgypU fluvium Sior, qui interpretatur turbidus* Hieroo., ibid. .

3. Terrain Gessen, et campos Taneos, in quibus fecit Deus mirabilia. Hieron., ibid.

4. Quinque iGgypti... civitates, quse loquuntur lingua Chananitide. Hieron., ibid,

5. Nilus aquarum multarum, qui prius uno fluebat alveo, et intransibilis erat, in septem valles humillimas et rivos ita divisus est atque concisus» ut calceatis pedibus transiretur. Hieron., in Isa,^ iv, t. III, p. 104.

ment, demandai Ml aux Égyptiens, de si foibies eaux peuventr-elles être dirigées et utilisées pour la fertilisation d'un si grand pays, et comment les relations des villes et les transports du commerce peuvent-rils avoir lieu sur un psu'eil fleuve? » Il apprit alors qu'un peu plus haut le Nil coulait à pleins bords, entre deux digues élevées le long de ses rives; que ces digues avaient une hauteur déterminée, de telle façon que, ù le niveau des eaux ne dépassait pas les bords sopénejtirs, Tan^ née restait stérile; et que si, par Fifijcurie des gardiens ou par h violence du courant , le rempart de digues venait h se rompre, Tinondation dévastait la terre au lieu de la fécondera

Il apprit encore que la navigation se pratiquait à la remonte au moyen d'un halage à dos d'homme, dapt les fiaaiîouvriers se relevaient de station en station, et qu'au nombre des stations on calculait la longueur du tarajet^ • Il $e fit renseigner sur la défense de l'empire romain du côté de l'Ethiopie, sur l'existence de la tour de iSyène et le camp retranché de Phite , Si|r les fameuses catarilctes, en un mot sur* tout ee q4|i regardait la configuration du pays, ses divisions, ses habitants. 11 étudia tout,, afin de se servir de ces renseignements, comité il Je fit eu ^t, d^jis l'interr

i . tiorûi ^yfitifMnim «^, profter im\mé$idQmmi , «x««kK>e ««gepes construere ad ripas Nili. Qui si custodum negligentia vel nimié, w^oMemm mtiltitaéiBe TupH fuenat, «vi^jaeeiiteB campos ae^aiittAm n^sam' aquae, sed opprimunt atque populaniur. Hieron., in Ezech,^ ix, t. Hl, p. #1^.

i. In f^ik» 4ki&intte m.Y% in lipîs efus, fioteat anvee liniÈtti tmhere «erta ëabeatos apadii ^» appeUaat fmmmdos; «t Mon 4efeB§oniin, leceania «rakentiun oolto «neo^dwit. iiiem»., in MU., um^^ 1467^

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