‹ Saint Jérôme, la société chrétienne à Rome et l'émigration romaine ..., Volume 1Chapitre 183 sur 255 · LIVRE Vî · texte numérisé non relu

LIVRE Vî

géliqbe, et lellfe rfé taiîssait pas d'admihition; Ainsi jadis éotl atttêlre Scipion écoutait Lélius lui révélant les arts de la Grèce. Jérôme nous dit que^ si par hasard il oubliait l'heure d'é la visite, elle était la première à là lui rappeler^", n'osant pas, sans doute; se rendre èeule chez Didyme de peur d'encourir le blâme de pl^ésomptioii ou d'impoiiunité. Un mois s'écoula dans ceé confidences du savoir et de la piété \ Jérôme en rapporta plusieurs traités devenus rares même en Orient, et l'érudit docteur voulut bien composer pour lui, et à sa demande, des comAientaires sur les prophéties de Michée, d'Osée et de Zacharie. Bien des àniiées après , Jérôme au comble de la gloire proclamait heureux entre tous les jours de sa vie ceux qu'il avait passés dans ces doux entretiens. Le nom de Didyme resta sacré pour lui, lors même qu'il se mit à combattre 'avec passion l'origénisme, en la personne de Rufm. Il disait avec une grâce charmante de son ami d'Alexandrie, qu'il lui plaisait d'appeler son maître' : « Cet aveugle est vraiment un voyant^ dans toute la force du mot hébreu appliqué aux prophètes. Son regard plane au-dessus de la terre; Didyme a ces yeux que l'Écriture loue dans l'épouse du Cantique des

perspicue cointemplaris,''et veram notitiam exacte percipis. Sozom.,iii, 15. — Nîhil te moveat, b Didyme.... Socr., iv, 25.

1. Rogatu sanctgeetvefiei^àT)nis...Pànlèe, quum essem Alexandriae, vidî lyïaymufn, et eum fréquenter aùdivi. Bieron., Comm. Osé. prœfat.

2. Triginta dies Alexandriae, wbi erat Didymus, commoratus est. *Ruf., Apolog.^ II, ap. Hieron., p. 422.

3. Gregorium et Did^hiurii in Scripturis Sanctis catechî^tas haLui. Hieron., Ep. 32, p. 245.

Cantiques, et ceux-là aussi que le Christ nous ordonne de lever en haut, pour voir si les campagnes sont blanches et les épis déjà mûrs*. >*

Cependant le temps paraissait long aux compagnons de Jérôme et de Paula : rien ne les intéressait plus dans Alexandrie, et la vue de nombreux solitaires établis dans les environs (car la vie monastique, sortie du désert, commençait à assiéger les villes*) aiguillonnait leurs désirs : Nitrie les appelait. La caravane se remit donc en marche, et nous la suivrons dans cette nouvelle excursion. Mais, pour l'intelligence de notre récit, nous devons exposer d'abord ce que c'était que ce lieu fameux, dans quelle contrée de l'Egypte il était situé, et par quels chemins on s'y rendait.

Quand on descend de la haute dans la moyenne Egypte, en suivant le cours du Nil, on voit les deux chaînes de montagnes parallèles, qui forment son lit jusque-là, se séparer à la hauteur de l'ancienne Memphis. Celle de droite, sous le nom de chaîne arabique,

1 . Didymus vero meus, oculum habens sponsse de Cantico Canticorum ; et illa lumina quœ in candentes segetes sublimari Jésus prœcipit; procul altius intuetur : et antiquum nobis morem reddidit , ut Videns vocetur propheta.... Hieron., Prœfat, Didym. de Spir, sancL, t. IV, l'* part., p. 49 i.

2. Les monastères établis autour d'Alexandrie ne renfermaient pas moins de deux mille moines. «Circiter bis mille. » Pallad. Lausiac, c. 7.«

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